UDC Vaud

Jacques Nicolet : «J’ai bon espoir d’éviter la scission»

Après l’exclusion de Claude-Alain Voiblet, le président du parti cantonal, Jacques Nicolet, devra recoudre les liens avec la session lausannoise.

Le congrès vaudois de l’UDC a tranché: Claude-Alain Voiblet est définitivement exclu de son parti cantonal, par 91 voix contre 57. Autre Lausannois sur la sellette, Pierre Oberson est démis plus nettement encore, par 101 voix contre 49. Lors de l’assemblée, qui s’est déroulée en partie à huis clos et s’est prolongée jusqu’à 1h30 du matin, le secrétaire général Kevin Grangier a joué le rôle du procureur. Les décisions tombées, c’est le président Jacques Nicolet, agriculteur à Lignerolle et conseiller national depuis peu, qui devra recoudre les liens avec la session lausannoise.

- Le cas de Claude-Alain Voiblet ne pouvait-il être réglé autrement que par cette brutale exclusion?

- Une suspension ou une amende n’étant pas prévues dans nos statuts, nous n’avions pas d’autre option. Mais la faute ne serait pas si grave s’il n’y avait eu autour une attitude de déni et de recherche de confrontation. Des perches ont été tendues, en vain. Je pense que l’attitude des défenseurs de Claude-Alain Voiblet a fini de convaincre la majorité du congrès que la collaboration n’était plus possible.

- La décision a été claire mais loin d’être unanime. Le parti est-il plus divisé aujourd’hui qu’hier?

- Nous nous attendions à un vote serré, sachant que les membres pouvaient avoir une vision plus émotionnelle de la situation que le comité central n’était en droit de l’avoir. Claude-Alain Voiblet a prononcé lui-même un plaidoyer touchant pour sa défense, il est normal que certains y aient été sensibles. Mais si plus d’un tiers de délégués n’ont pas soutenu l’exclusion, on ne peut pas prétendre pour autant, en s’appuyant sur ce seul vote, que le parti est plus divisé aujourd’hui qu’hier.

- Il y a un fossé entre la section lausannoise et le parti cantonal. Qu’allez-vous faire pour reconstruire un pont?

- Je ne considère pas qu’il y ait un fossé et j’ai bon espoir que cette section n’ira pas jusqu’à la scission. Je sais que nous pourrons compter sur des forces vives à Lausanne pour une saine collaboration. Nous allons inviter la section à remettre ensemble l’ouvrage sur le métier, nous n’allons pas la laisser à elle-même. Mais nous la rendrons aussi attentive à la nécessité de démentir rapidement les soupçons qui circulent d’une gestion douteuse de ses comptes.

- Toni Brunner croit beaucoup dans la progression de l’UDC en Suisse romande, la Suisse alémanique étant déjà saturée. S’agissant du canton de Vaud, voyez-vous vraiment une marge de progression? Où plus précisément?

- Oui, notre parti a une marge de progression à faire en ville principalement, ceci à l’image des 21 sections ayant progressé en ville lors des élections communales du 28 février. Cela s’est produit à Yverdon-les-Bains, Orbe ou Oron, pour donner quelques exemples. Aux élections cantonales du printemps 2017, notre parti a pour objectifs d’atteindre les 30 sièges au Grand Conseil (26 aujourd’hui, sur 150, ndlr) et de reprendre son siège au Conseil d’État.

- Justement, on parle de vous comme candidat au gouvernement cantonal, sur une liste de la droite unie. Il semble que seul un agriculteur et conseiller municipal de village puisse représenter l’UDC au gouvernement vaudois…

- Il est vrai que plusieurs noms portant ce profil sont régulièrement cités. Notre parti va déjà définir la stratégie à aborder pour les futures élections et ensuite désignera démocratiquement lors d’un congrès, son ou ses candidat(e)s. Une personnalité s’inscrivant dans le style d’un Jean-Claude Mermoud ne peut que contribuer à atteindre l’objectif.

- Vous connaissez bien Claude-Alain Voiblet. Quel est votre sentiment personnel aujourd’hui?

- Je suis affecté, car c’était un copain. Nous avons siégé deux ans côte à côte au Grand Conseil. Mais aujourd’hui je n’arrive à comprendre ni ses actes, ni sa défense.

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