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Jacques-André Maire: «Pour développer les échanges scolaires, il faudrait 10 millions par an»

Au front sur toutes les questions touchant au plurilinguisme, le président d’Helvetia Latina et membre de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national fixe le cadre financier des échanges scolaires

La politique des échanges scolaires est-elle un échec jusqu’ici?

Par rapport aux objectifs annoncés, il faut bien reconnaître que ceux-ci n’ont pas été atteints, puisque seuls 2% des élèves et étudiants de 5 à 20 ans participent à un échange. On est donc très loin du but. Mais je constate une nouvelle dynamique. De 2016 à 2017, le parlement a fait passer le financement fédéral de 400 000 à 500 000 francs, ce qui a eu pour conséquence une hausse de 25% des participants. Cela montre qu’on peut faire beaucoup mieux en augmentant les moyens à disposition.

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On célèbre beaucoup la cohésion nationale dans les discours du 1er Août. Mais n’est-elle pas restée qu’un slogan dans ce dossier?

Ce n’est plus vrai désormais, car la Confédération et les cantons ont développé une vision très largement partagée. Les deux départements fédéraux concernés, ceux de l’Economie et de l’Intérieur, de même que la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) l’ont adoptée ensemble en 2017, un fait très positif. Maintenant, il faut passer à l’acte. Les échanges doivent faire partie des objectifs prioritaires des politiques de formation. Ils développent non seulement des compétences linguistiques, mais aussi sociales, culturelles et professionnelles: ils sont à terme un atout pour la compétitivité économique du pays.

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Un demi-million de francs par an pour les échanges scolaires, n’est-ce pas un montant dérisoire?

Par rapport aux objectifs à atteindre, c’est effectivement le cas. Dans le même temps, les cantons y consacrent 20 millions. De manière générale, dans la formation, la Confédération participe financièrement à raison de 25% dans la formation professionnelle et 30% dans les hautes écoles. C’est dire qu’en suivant cette logique, elle devrait affecter près de 10 millions par an. Attention! Il ne faudra pas le faire au détriment du programme Erasmus+ pour les formations à l’étranger, comme certains partis risquent de le proposer.

A quelles activités concrètes s’agira-t-il de consacrer ces nouveaux fonds?

Il faudra que la Confédération aide les cantons dans la coordination des échanges en déchargeant les enseignants qui les organisent. Elle devra aussi davantage soutenir le perfectionnement des enseignants partant en stage linguistique en contribuant par exemple au financement de leur remplacement dans les classes.

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