C’était au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe. Alina, domiciliée au pied du Jura vaudois, s’est rendue à la Poste avec son fils de 13 ans. «Je lui ai dit d’arrêter de parler russe avec moi tant qu’on était dans la rue. J’avais honte.» Sachant que de nombreux Ukrainiens emploient également la langue de Pouchkine au quotidien, la réaction d’Alina peut sembler absurde. Mais elle dit tout du malaise d’une grande partie de la communauté russe d’ici face à la guerre menée par Vladimir Poutine là-bas, et aux mesures de rétorsion occidentales. «On se retrouve comme Caïn et Abel», regrette Alina, de mère russe et de père ukrainien.