Sylvie incarne une certaine normalité, pas banale toutefois. A 29 ans, elle enseigne les mathématiques à des élèves de 13 à 16 ans dans un établissement vaudois. Ce sont des adolescents orientés vers le baccalauréat, donc le gymnase. A plein temps, Sylvie gagne à sa satisfaction plus ou moins 7000 francs brut par mois.

«J’ai commencé en 2007, une fois terminées mes études universitaires en mathématiques. J’ai postulé tout de suite à la Haute Ecole pédagogique de Lausanne (HEP) où j’ai suivi trois semestres de formation pour maîtres spécialistes. Parmi mes amis, tous n’ont pas été reçus du premier coup. Certains ont dû batailler pour y accéder l’année suivante.» A la HEP, «j’observais beaucoup les autres enseignants; leur expérience est une véritable mine d’inspiration».

Au bout de dix-huit mois, Sylvie choisit l’école obligatoire plutôt que le gymnase. «Les relations avec des élèves en pleine croissance sont plus étoffées, explique-t-elle. Ils se confient encore à leur prof.» Sylvie répond à l’appel d’un établissement qui l’engage ­immédiatement. Les professeurs de maths sont ­recherchés.

Avec le recul, «le défi majeur consiste à gérer une classe d’une vingtaine d’adolescents. Il faut jouer entre les programmes et les qualités des élèves pour amener tout le monde à maîtriser les connaissances requises.» Finalement, entre intégration et sélection, elle penche pour l’intégration. «L’orientation précoce chère aux Vaudois stigmatise trop les VSO (la voie ouverte sur l’apprentissage), déplore Sylvie. Le système à niveaux, proposé par la nouvelle loi scolaire en préparation, a au moins l’avantage de distinguer par branche les qualités et les lacunes de chacun, sans ségrégation.»

* Prénom d’emprunt.