Le procès du tireur de Lancy (GE) s’est ouvert lundi devant le tribunal criminel de Genève. Agé de 30 ans, l’accusé doit répondre de tentative d’assassinat. En octobre 2010, il avait fait feu sur un groupe de jeunes, blessant grièvement à la tête une adolescente.

«Quand j’ai tiré, je ne voulais pas tuer», a déclaré le prévenu devant ses juges. «J’étais comme envoûté, possédé, jamais je n’avais atteint un tel degré de folie», a-t-il ajouté pour expliquer son geste. Le drame est parti d’une dispute dans un préau d’école à Lancy (GE) un après-midi d’octobre. L’accusé, qui boit des bières avec un ami, veut tenter de lier connaissance avec un groupe d’adolescentes qui a pris ses quartiers près d’un bassin.

L’homme se fait éconduire sèchement selon ses dires, et les insultes pleuvent de part et d’autre. Des garçons rejoignent ensuite les filles et une nouvelle altercation éclate entre eux et le prévenu. Ce dernier se sent alors «humilié et rabaissé».

Invité par son ami à s’en aller, il se rend chez lui avec «une envie de meurtre». Il s’empare de son pistolet avec lequel il s’entraîne au stand de tir et revient dans le préau de l’école. Quatre jeunes sont encore sur place.

En voyant l’accusé sortir son arme, les adolescents prennent la fuite. Le prévenu tire une fois dans leur direction. Le projectile entaille la joue d’un garçon et atteint une jeune fille à la tête. «Je ne m’explique pas pourquoi j’ai tiré dans le groupe».

Aujourd’hui, Marina, âgée de 16 ans, doit vivre avec une balle dans la tête. Les séquelles de cette tragédie sont visibles sur son visage d’adolescente. Son avocat François Canonica a aussi demandé à l’accusé de parler plus fort car elle n’entend plus d’un côté.

Le garçon blessé à la joue par la balle, pour sa part, ne s’est pas présenté lundi au tribunal. Selon son avocate Lorella Bertani, il n’est pas en état d’assister au procès et se trouve hospitalisé au Maroc pour des raisons psychologiques.

Outre la tentative d’assassinat, le tribunal correctionnel examinera aussi s’il y a eu dans cette affaire une mise en danger de la vie d’autrui et des lésions corporelles graves.