Elections neuchateloises

«J’ai aussi un caractère fort»

La socialiste Monika Maire-Hefti a profité du vote très à gauche des villes de La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel pour dépasser le sortant PLR Thierry Grosjean et faire pencher le Conseil d’Etat à gauche. Elle n’entend aucunement gouverner à l’ombre de ses colistiers Laurent Kurth et Jean-Nat Karakash

– Le Temps : Vous voilà ministre depuis quelques instants. Etes-vous remise de vos émotions?

Monika Maire-Hefti: Je mesure l’ampleur de la tâche qui m’attend. C’est une grande joie d’avoir emporté cette majorité de gauche au Conseil d’Etat. Nous avons fait campagne, avec Laurent Kurth et Jean-Nat Karakash, en prônant un esprit d’équipe et c’est cet esprit que nous voulons insuffler au gouvernement. Mon vœu le plus cher est bien de constituer une équipe gouvernementale, à cinq, avec les deux élus de droite Alain Ribaux et Yvan Perrin. Il n’y a qu’ainsi que nous pourrons sortir le canton de Neuchâtel des difficultés dans lesquelles il se trouve.

– Qu’est-ce que la femme que vous êtes amènera de différent?

– Aucun de mes collègues élus n’amène de compétences spécifiques dans le domaine de la santé et du social. En plus d’être femme, j’amènerai ces connaissances particulières, d’autant plus nécessaires que les enjeux sont décisifs dans ces domaines à Neuchâtel.

– Serez-vous à l’aise au milieu de quatre hommes qui sont aussi quatre fortes personnalités?

– J’ai toujours été la seule femme dans beaucoup d’instances. Dans un conseil communal très masculin et très libéral-radical, par exemple. J’y ai fait mes armes. J’ai aussi un caractère fort. Vous pouvez être certain que ce ne sera pas facile de négocier avec moi.

– Lorsque la femme de gauche Gisèle Ory a accédé au Conseil d’Etat il y a quatre, il y avait autant d’espoirs portés sur elle que sur vous aujourd’hui. Et ils ont été déçus…

– Gisèle Ory n’est pas Monika Maire. Je vais apporter mes compétences, mon énergie. Ma méthode, c’est d’abord écouter, puis analyser et enfin décider.

– Avec une majorité au Conseil d’Etat, les trois ministres socialistes feront-ils front commun?

– Non. Ce qui est primordial, c’est que ce gouvernement fonctionne comme les cinq doigts de la main. Nous devons être forts à cinq. Pas à trois. Nous aurons forcément des débats vifs au sein du Conseil d’Etat. Et même entre les socialistes, nous ne sommes pas toujours d’accord, nous avons des visions et des sensibilités différentes. C’est important de débattre franchement. Mais une fois la décision prise, elle devra être portée par le gouvernement dans son ensemble. Pas par la seule majorité socialiste.

– Quel département réclamerez-vous?

– La répartition des départements sera l’acte fondateur et fondamental du nouveau gouvernement. Ne comptez pas sur moi pour dévoiler quoi que ce soit devant les médias.

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