C’est une vraie bête politique qui s’en va, après des mois de rumeurs. Ministre des Finances, Ueli Maurer annonce ce vendredi son départ du Conseil fédéral. Un départ prévu à la fin de l’année. «J’ai un œil qui pleure et un œil qui rit. Je vais évidemment regretter ce travail que j’adore et mes collaborateurs absolument exceptionnels. Cela me fait de la peine de les quitter, a-t-il déclaré devant la presse. De l’autre côté, je me réjouis de retrouver un certain calme ou intimité.»

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Redevenir le «Ueli normal»

Son départ est une surprise: «Pourquoi je pars maintenant? Je ne peux pas vraiment l’expliquer. Il n’y a pas eu d’événements particuliers. Cela fait 40 ans que je fais de la politique et 14 ans au Conseil fédéral. Cette fonction me plaisait beaucoup, mais j’ai encore beaucoup d’énergie et j’ai encore envie de faire d’autres choses. J’ai envie de redevenir le Ueli normal. Je suis un objet public, quand je marche dans la rue à Berne, à la fin j’ai fait 20 selfies.»

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Depuis plusieurs semaines, la situation au sein du Conseil fédéral est de plus en plus tendue, comment a-t-il vécu cela? «Quand je tousse, les médias pensent tout de suite que j’ai touché au principe de collégialité. Mais le Conseil fédéral n’est pas un camp de vacances. Nous y menons des discussions difficiles.» «L’esprit d’équipe a toujours existé au Conseil fédéral, mais les personnalités jouent évidemment un rôle important. La conscience de devoir agir ensemble est toujours là, et elle devrait perdurer.»

Ueli Maurer s’interroge sur la capacité de la politique à répondre aux besoins d’une population défavorisée. «La société s’est beaucoup individualisée en 15 ans, a-t-il estimé. Ce qui m’inquiète, c’est le fossé entre une catégorie de personnes bien formées et à hauts revenus, et les autres. J’entends souvent des gens me dire «à Berne, personne ne se soucie de nos réalités.»

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Intransigeance financière

A 71 ans, et après quasi 14 ans en fonction, le magistrat UDC a décidé de tirer la prise. Ancien président de son parti durant l’âge d’or de la croissance, le Zurichois a conduit le Département de la défense (2009-2015) avant de reprendre celui des Finances jusqu’à aujourd’hui.

Après l’échec de l’avion de combat Gripen en votation en 2014, il a pu enchaîner sur des années de meilleure facture comme grand argentier. Malgré plusieurs défaites dans les urnes (RIE III ou impôt anticipé dimanche dernier), il était parvenu à reprendre du poil de la bête et à incarner l’intransigeance financière.

L’élection de sa ou son successeur(e) devrait intervenir le 7 décembre lors de la session parlementaire d’hiver.

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