Témoignage

«J’ai voté contre les capitalistes»

Selim Matar, Genevois d’origine irakienne, explique son oui à l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse»

«J’ai voté contre les capitalistes»

Selim Matar tient à le dire: «Contre mon origine irakienne et mon parti, les Verts, j’ai voté pour l’initiative UDC, laissez-moi vous expliquer pourquoi.» L’écrivain né à Bagdad vit en Suisse depuis trente-deux ans. Marié à une Vaudoise, il possède la nationalité suisse depuis vingt ans. Pour Selim Matar, ce vote ne s’oppose pas aux étrangers, mais à «une minorité de capitalistes», dans les banques, l’administration et les entreprises, qui profitent des richesses du pays et ne laissent «que les restes» à la majorité. «Le peuple a dû opter pour une solution extrême contre les extrémistes qui ont laissé les portes ouvertes pour accueillir la main-d’œuvre bon marché», ajoute-t-il. Et d’énumérer les injustices qui minent la société: la préférence accordée selon lui aux frontaliers sur le marché du travail, les terres agricoles, que l’on livre, là encore, aux étrangers. Enfin, il cite les «faux demandeurs d’asile», des délinquants qui seraient régularisés en un claquement de doigt. Lui, raconte-t-il, a dû se battre pour obtenir un droit de séjour. Il ne manque pas de mots aujourd’hui pour fustiger les nouveaux venus. «Je souffre tous les jours de la délinquance des immigrés: je subis leur mauvaise réputation. Limiter l’immigration est un service rendu aux étrangers.» Pourchassé en Irak pour son militantisme marxiste, l’écrivain se définit comme un «écologiste» et préfère se dire «spirituel» que musulman.

Pour lui, l’identité propre de la Suisse, pacifique et neutre, a une explication géographique: nichée entre les Alpes et le Jura, deux remparts naturels contre les envahisseurs, sans accès à la mer, la Suisse n’a eu d’autre choix que de se tenir éloignée des conquêtes colonialistes et des guerres qui déchiraient ses voisins. «Les Suisses, dit-il, doivent arborer fièrement leur indépendance.» Selim Matar accorde une confiance sans limites dans la capacité de sa seconde patrie de rebondir. «L’Union européenne a trop intérêt à maintenir ses liens avec la Suisse. Comme toujours, des compromis seront trouvés.»

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