Élections fédérales

Jaquet-Perrin: le flic de gauche et le flic de droite, deux amis pour un siège

Le socialiste Grégory Jaquet et l’UDC Yvan Perrin vont s’affronter politiquement lors des prochaines élections fédérales. Or les deux anciens flics ont été coéquipiers à la brigade des stups neuchâteloise. Retour sur l’histoire d’une amitié improbable

Dans leur entourage respectif, personne ne veut croire qu’ils sont amis. Tout sépare les deux politiciens neuchâtelois, candidats cet automne au Conseil national. A ma droite, Yvan Perrin, l’une des figures de proue de l’UDC blochérienne en terre francophone, ardent défenseur de la souveraineté du pays et du lobby des armes. A ma gauche, le socialiste Grégory Jaquet, peu connu du grand public romand, mais qui s’est fait remarquer par son action humanitaire en Amérique centrale et pour son engagement en faveur de l’égalité, lui qui est père au foyer à mi-temps.

Le trafiquant qui voulait lire Dante

Et pourtant. Au début des années 2000, les deux anciens flics ont formé une équipe d’enquêteurs redoutables au sein de la brigade des stups de la police cantonale neuchâteloise. La première rencontre entre les deux hommes remonte à 1999. Encore aspirant, Grégory Jaquet, qui parle couramment l’espagnol, se voit confier la mission d’accompagner un inspecteur expérimenté pour lui servir de traducteur. C’est Yvan Perrin. Le socialiste s’en souvient encore: «Nous sommes allés interroger un trafiquant de drogue colombien à la prison de Nidau. Je me rappelle qu’il nous a demandé de lui amener L’Enfer de Dante lors la prochaine audition.» Ce que les deux Neuchâtelois feront.