Un plant de cannabis au soleil sur un coin de balcon: l’image ne traduit plus forcément la réalité de la culture du chanvre à domicile. Le petit consommateur qui laisse tranquillement pousser la plante existe toujours. Mais il s’est parfois métamorphosé en véritable ingénieur agronome aux manettes d’un équipement high-tech. Chambres de culture avec régulateurs de température et d’hygrométrie, ventilateurs, puissantes lampes UV… Un véritable laboratoire à domicile qui peut prendre place dans n’importe quelle chambre, comme une banale armoire à vêtements. Il permet de faire pousser à grande vitesse, sous soleil artificiel, des variétés de cannabis souvent à haute teneur en THC. La croissance accélérée des plantes permet de procéder à trois ou quatre «récoltes» par année. «De quoi produire plusieurs kilos de stupéfiants, sans prendre trop de risques, car tout se fait à la maison, à l’abri des regards, précisent des connaisseurs. Beaucoup de gens gagnent leur vie en cultivant de cette manière.»

Une pratique en augmentation, selon la police cantonale vaudoise. Le concordat latin parviendra-t-il à y mettre fin? «Ça m’étonnerait. Personne ne va s’arrêter au chiffre de quatre plantes. Et si on ne peut plus acheter les graines et le matériel dans les magasins, on passera par Internet», assure un cultivateur.