Sur l'étal fourni des spectacles estivaux, celui de la Confrérie des Jardiniers de Delémont mérite sans conteste le label «premier choix». Tous les quatre ans depuis 1989, plus de 300 participants locaux récitent avec bonheur une partition originale orchestrée par celui qui est considéré dans le Jura comme le maître des bastringues en plein air: Gérard Demierre.

Même si la concurrence pointe le nez avec les Echaipouses de Cœuve ou les Nuits d'été de Milandre à Boncourt, les Jurassiens font une confiance aveugle aux Jardiniers et à Demierre. Avant la première, ce samedi, du nouveau spectacle, «Les Jardins du rire et des sourires», 6000 des 7800 billets sont vendus et les treize représentations se joueront à guichets fermés.

Le cycle des «Jardins» a été initié en 1989, lors des 700 ans de Delémont. Ebahis par «Les Jardins de la Liberté», les 340 acteurs et les 4000 spectateurs n'avaient qu'une envie, répéter l'expérience. La Confrérie des Jardiniers a promis une création originale tous les quatre ans.

En 1993, 5500 personnes ont applaudi «Les Jardins de la Paix», adaptation d'un texte d'Aristophane, joué dans la carrière de la Ballastière. En 1997, 7000 spectateurs ont vu «Les Jardins de la Vieille», en lisière de forêt.

«En 2001, nous voulions revenir à du plus intimiste», préconisait Gérard Demierre. «Les Jardins du rire et des sourires» sont pourtant une opération gigantesque: 340 participants, budget de 500 000 francs, 7800 spectateurs attendus et d'énormes décors sous un pont routier. Le public se déplace autour de quatre scènes, pour suivre de microspectacles inspirés du cirque, mêlant tendresse et ironie. On y sourit, mais on n'y rit pas aux éclats. Lors de la générale jeudi, l'assemblage manquait de rythme.

Il est de bon ton de se montrer aux «Jardins». Dans les travées et sur la scène. En 1997, les ministres Jean-François Roth et Claude Hêche avaient obtenu des rôles sur mesure: un curé en soutane pour le démocrate-chrétien et un pilier de bar déguenillé pour le socialiste. En 2001, le rôle de Monsieur Loyal a été confié à un autre politicien: le député radical de Porrentruy Jean-René Ramseyer, président de l'influente commission de gestion.

Delémont tire parti de la notoriété des «Jardins». «Le spectacle a bonne presse en Suisse romande», se réjouit le maire Pierre-Alain Gentil, qui estime que l'engouement local traduit «la bonne harmonie sociale qui règne à Delémont».

La capitale jurassienne de 11 500 habitants soutient avec enthousiasme les initiatives susceptibles d'embellir son image. Dans la foulée des Schubertiades de 1998, la RSR organisera les 21 et 22 septembre les Notes d'Equinoxe, un festival de musique populaire et ethnique.

A la fin du mois, en collaboration avec sa voisine Moutier, Delémont hébergera le congrès des villes suisses et accueillera 250 élus locaux. «Nous faisons des efforts pour montrer que notre ville est digne de son rang de capitale cantonale, même si on ne se prend ni pour Zurich ni pour Genève, explique le maire. Nous voulons démontrer que notre ville à la campagne gagne à être connue.»

«Les Jardins du rire et des sourires», 13 représentations du 11 août au 1er septembre à Delémont, sous le viaduc de la Blancherie. Réservations et informations: www.lesjardins.ch