Pour les uns, c'est l'événement incontournable de l'été fribourgeois, qui plonge la cité des Zaehringen dans une atmosphère festive. Pour les autres, c'est une abomination qui tombe sur la ville, mélange de nuisance sonore et de beuveries. Dès aujourd'hui et jusqu'au 16 juillet, Fribourg vit sa 17e Jazz Parade, festival gratuit qui attire chaque année 100 000 personnes sur la place Georges-Python.

Les nuisances sonores ont d'ailleurs valu pas mal d'ennuis à Jean-Claude Henguely, l'âme de la manifestation. Les oppositions pleuvent sur sa Parade, émanant en particulier d'une «Alliance des habitants pour la qualité de vie à Fribourg», qui, en 2005, a essayé sans succès d'imposer une réduction des horaires d'ouverture. La manifestation compte toutefois aussi des supporters. «La Jazz Parade a une importance significative pour l'agglomération fribourgeoise. Sans elle, le mois de juillet y serait bien mort», note Charles de Reyff, conseiller communal en charge de la culture.

Après avoir accueilli notamment des pointures comme Claude Nougaro ou Gilbert Bécaud, le festival a bien failli mourir en 2003. Peu doué pour la gestion, Jean-Claude Henguely s'est enfoncé dans une spirale déficitaire. Au fil du temps, son bébé a cumulé une perte de 600 000 francs. Mais les pouvoirs publics ne sont pas rancuniers. Un comité de soutien, formé à l'initiative de Nicolas Deiss, préfet du district de la Sarine, remet le navire à flot. Tout en professionnalisant les structures, on écourte la durée de la Parade, qui touche désormais une obole publique. Résultat: en 2004, celle-ci réalise un bénéfice de 100 000 francs.