Ira, ira pas? Interrogé sur ses intentions, Jean Studer reste d’une prudence de Sioux. «Je réfléchis», glisse-t-il sans fermer la porte. Le conseiller d’Etat neuchâtelois se trouve pourtant dans une position difficile. Avec Didier Burkhalter, Neuchâtel est déjà représenté au Conseil fédéral. De quoi lui fermer la porte, comme en 2002, quand son statut de candidat masculin s’était heurté à la volonté du PS de faire élire une femme.

Malgré ce contexte défavorable, Jean Studer ne renonce pas, persuadé d’avoir une chance, même minime. La règle non écrite qui empêchait deux représentants du même canton à siéger en même temps a été rompue à deux reprises depuis 2003. Il pourrait profiter d’une éventuelle éviction de Didier Burkhalter, hypothèse a priori improbable. Connu pour sa rigueur, le grand argentier neuchâtelois bénéficierait à coup sûr de soutiens à droite.

Jean Studer a tout intérêt à faire durer le suspense. La forte exposition médiatique qui entoure les papables va lui permettre de redorer son image d’homme d’Etat écornée par l’affaire Hainard. L’opération profite aussi au Parti socialiste, ravi de montrer qu’il dispose d’un important réservoir de candidats crédibles.