A 79 ans, le jésuite valaisan a le regard pétulant de jeunesse. Mais c’est du haut de son expérience et de sa culture que ce spécialiste de l’histoire de l’Eglise pointe sans concession ses défaillances et errements contemporains. Soutenu par un franc-parler qui emprunte sans doute au Vieux-Pays son côté rocailleux et cash, son discours tranche avec les propos contenus et convenus des ecclésiastiques. Les réponses de jésuite, ce n’est pas pour lui.

Derrière la fenêtre où s’étalent en majesté les Préalpes enneigées, dans la maison de Notre-Dame de la Route à Villars-sur-Glâne (FR), où il est supérieur de la communauté, il se souvient de son arrivée en terres fribourgeoises, de son regard un rien condescendant sur «un pays que je trouvais plat». Celui qui était aussi guide de montagne doit bien avouer qu’il n’en a plus aujourd’hui la même perception, malgré sa bonne forme physique et son vélo électrique. Et c’est toujours sur les sentiers qu’il aime se ressourcer, la montagne comblant à la fois «mon côté ermite et mon côté pèlerin, qui m’a permis de découvrir plusieurs continents et cultures différentes. Je trouve que ça va bien ensemble.»