La fleur au fusil, il repart au combat. Jean-Claude Cornu est décidément insatiable. Bouté hors du Conseil des Etats en 2003 par le socialiste Alain Berset, défait dans la course au gouvernement cantonal l'an dernier - de justesse, il est vrai -, le préfet de la Glâne sera le candidat des radicaux fribourgeois pour l'élection à la Chambre haute.

«Il reste toujours assez de force à chacun pour accomplir ce dont il est convaincu.» C'est en citant Goethe que le radical motive sa décision. Sa conviction, assure-t-il, lui donne la force de briguer une nouvelle fois un mandat au niveau fédéral - il est aussi candidat au National.

De la conviction, il en faut une bonne dose dans le cas présent. A Fribourg, quatre prétendants visent les deux sièges du Conseil des Etats. Or les deux sortants, qui se représentent, partent avec une longueur d'avance. Le PDC Urs Schwaller devrait être réélu dès le premier tour, en vertu de la force électorale des démocrates-chrétiens dans le canton, décuplée encore par leur alliance avec les radicaux. Quant au socialiste Alain Berset, il peut envisager le scrutin avec sérénité, tant en raison de son excellent bilan personnel que de la dispersion des forces à droite - l'UDC Jean-François Rime est également sur les rangs.

La candidature de Jean-Claude Cornu met fin à un bon mois d'atermoiements au sein du Parti libéral-radical (PLR). Initialement, le candidat aux Etats était le syndic de Bulle Jean-Paul Glasson, qui a finalement renoncé pour raison de santé. Le PLR ne cache pas qu'il a eu de la peine à le remplacer, à cause de la difficulté de la tâche.

Après avoir obtenu des «garanties» (de soutien) auprès de l'allié PDC, Jean-Claude Cornu se montre confiant pour la campagne à venir. Si l'homme est gonflé à bloc, sa candidature a toutefois un petit air de déjà-vu. «Ce n'est pas du réchauffé. A 51 ans, j'ai encore de l'énergie», promet-il. A vérifier lors du duel avec Alain Berset et Jean-François Rime, qui promet quelques belles étincelles.