Suisse-UE

Jean-Claude Juncker est à Berne, et sa visite suscite de grandes attentes

Le président de la Commission européenne a rencontré la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, jeudi matin

La visite à Berne du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker jeudi suscite de grandes attentes côté suisse. Le Conseil fédéral a fait durer le suspense jusqu’ici sur sa stratégie pour assurer le développement des relations bilatérales avec l’UE.

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Après avoir arrêté sa position pour la visite mercredi dernier, il est notamment resté muet sur un nouveau «milliard de cohésion» que Berne pourrait verser à l’Union européenne (UE) afin d’y réduire les inégalités. Il s’agit d’une décision autonome de la Suisse, insiste la Berne officielle. Mais elle pourrait surtout être perçue comme un geste de bonne volonté envers Bruxelles, assorti ou non de conditions.

Fin septembre, le Conseil fédéral avait juste annoncé vouloir mettre un accent sur la formation professionnelle et la migration. La contribution suisse pourrait être au centre de la cérémonie de signature prévue jeudi avec Jean-Claude Juncker. En 2006, pour le «premier» milliard, une déclaration d’intention politique avait été signée avec l’UE. Le Parlement devrait encore se prononcer sur un tel crédit.

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Certains sujets ont pu être débloqués

La présidente de la Confédération Doris Leuthard avait déjà réussi à débloquer au printemps certains sujets et à accélérer les négociations dans les dossiers techniques. Depuis, une série d’avancées ont été réalisées.

L’accord sur la suppression des obstacles techniques au commerce a pu être actualisé et l’accord pour arrimer la Suisse à la bourse de carbone de l’UE va être signé prochainement. Des progrès ont été évoqués dans le dossier de l’équivalence des services financiers. La bourse suisse espère obtenir bientôt le certificat d’équivalence dont elle a besoin pour être active dans toute l’Europe.

La question de l’immigration

Le développement de la voie bilatérale avait été bloqué en 2013 par le vote des Suisses en faveur de l’initiative sur l’immigration de masse. Y voyant une atteinte à la libre circulation des personnes, l’UE a immédiatement régi en excluant les Suisses du programme d’échange d’étudiants Erasmus+ et les chercheurs helvétiques du programme de recherche européen Horizon 2020.

La situation ne s’est débloquée qu’avec l’adoption en décembre 2016 par le parlement d’une loi d’application «light» de l’initiative de l’UDC. La visite de Jean-Claude Juncker devrait sceller la normalisation des relations bilatérales.

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