2006 et 2007 devaient marquer le renouvellement au Parti socialiste jurassien. Alors qu'il aspirait à gouverner quatre ans de plus, Claude Hêche a été pris dans le tourbillon déclenché par Jean-François Roth, affirmant au moment de se retirer: «Douze ans, ça suffit.» Claude Hêche a tergiversé, mais a dû se résoudre à laisser sa place.

Au lieu du renouveau escompté, le PS a sombré lors des élections cantonales de la fin 2006. Il a perdu un siège gouvernemental, deux parlementaires et est tombé sous les 20% de l'électorat. Les bisbilles internes ont encore accru le désarroi.

Confronté aux lendemains qui déchantent, après une décennie de succès à répétition, plus question pour un PSJ démoralisé de jouer la partition du rajeunissement. Il n'a d'autre choix que de miser sur les valeurs électorales sûres.

Circonstance particulière

Ça tombe bien. Conseiller national depuis douze ans, Jean-Claude Rennwald n'a pas envie de s'en aller. Malgré les statuts du PSJ, qui prévoient une limitation à trois mandats. Avec, toutefois, une possible dérogation lors de «circonstances particulières».

La crise actuelle peut être assimilée à une «circonstance particulière». Pour enrayer la spirale de la défaite, le PS a besoin de l'indispensable Rennwald. Le principal intéressé concède qu'«il y a interaction entre mon souhait et les intérêts du PS». Surtout qu'au Conseil des Etats, Constitution cantonale oblige, Pierre-Alain Gentil doit, lui, se retirer après trois législatures. Le PSJ ne veut pas perdre l'un, voire ses deux sièges au parlement fédéral (sur les quatre dévolus au Jura, les deux autres étant tenus par le PDC, Pierre Kohler au National et Madeleine Amgwerd aux Etats).

Jean-Claude Rennwald ajoute un autre argument à sa nouvelle candidature: membre de la direction d'Unia, il aspire à faire entendre la voix syndicale dans les sphères politiques. Le congrès socialiste jurassien, le 4 mai, devrait lui donner son feu vert. Tout comme à Claude Hêche, au fort potentiel électoral, candidat au Conseil des Etats.

Traumatisé, le PS s'en remet à ses «dinosaures». N'a-t-il pas de relève? Il croyait en avoir une, mais les élections cantonales ont refroidi les ardeurs.

Si le PS a tant besoin de ses locomotives électorales, c'est qu'il craint les partis qu'il a étouffés depuis douze ans. En particulier le Parti radical, qui surfe sur le succès gouvernemental de Michel Probst.