C'est fait! Jean-Daniel Gerber, actuel patron de l'Office fédéral des réfugiés (ODR), prendra dès le 1er avril les rênes du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Le Conseil fédéral l'a désigné mercredi comme successeur de David Syz. Il jure qu'il n'a pas cherché à fuir son nouveau patron Christoph Blocher: l'homme, proche du PRD, était déjà depuis plusieurs mois en tractations avec le Département fédéral de l'économie. Il a déposé sa candidature avant que le Département fédéral de justice et police (DFJP), qui chapeaute l'ODR, n'ait été attribué à Christoph Blocher. Son éventuel transfert avait du reste déjà été discuté cet été avec l'ancienne ministre de la Justice. Ruth Metzler avait alors glissé à l'oreille de Joseph Deiss que Jean-Daniel Gerber serait l'homme de la situation pour piloter le Seco.

Mercredi, à l'issue de la première séance du Conseil fédéral cuvée 2004, Joseph Deiss a rappelé en quoi Jean-Daniel Gerber rassemble toutes les qualités, «pas faciles à trouver», qui devraient faire de lui un bon secrétaire d'Etat, à la tête du Seco: ses compétences économiques, sa grande expérience des affaires internationales ainsi que ses connaissances de la politique et de l'administration fédérale ont été «décisives». Jean-Daniel Gerber a de son côté tenu à rappeler qu'il restera à l'ODR jusqu'à fin mars. «Ma tâche ces prochaines semaines sera d'aider mon nouveau patron Christoph Blocher dans ses dossiers», précise-t-il, avant de citer rapidement les domaines sur lesquels il compte mettre l'accent au Seco: la politique de la croissance, les relations internationales et la politique régionale.

Agé de 57 ans, ce père de deux enfants, bilingue allemand-français, est économiste de formation. Durant les trente années passés au service de la Confédération, le distingué Bernois a été successivement représentant de la Suisse auprès de l'OMC, chef du service des pays en développement au Seco, responsable du service économique et financier de l'ambassade de Suisse à Washington, puis directeur exécutif à la Banque mondiale. Il y représentait les intérêts de la Suisse, de la Pologne et des républiques d'Asie centrale anciennement rattachées à l'Union soviétique. C'est en novembre 1997 qu'il succède à Urs Scheidegger à la tête de l'ODR.

Sa désignation à la tête du Seco, bastion radical, ne constitue guère une surprise. Son nom circulait de façon toujours plus insistante. Il a par ailleurs, ces derniers jours, souvent usé ses semelles en se dirigeant vers le bureau de Joseph Deiss. D'autres noms de papables revenaient dans les discussions depuis la mise au concours du poste de directeur du Seco, qui remonte à 2003: ceux de Luzius Wasescha, délégué du Conseil fédéral aux accords commerciaux et principal négociateur suisse auprès de l'OMC, de Raymond Loretan, consul suisse à New York et ancien secrétaire général du PDC, ou encore du conseiller aux Etats Eugen David (PDC/SG). Mais personne n'y croyait vraiment. La mise au concours avait donné lieu à 22 candidatures.

Né en 1999 sous l'impulsion de Pascal Couchepin, alors ministre de l'Economie, le Seco ne comprend depuis le 1er octobre plus que quatre directions au lieu de onze. Joseph Deiss attend notamment de Jean-Daniel Gerber qu'il parachève la réorganisation du Seco. Et qu'il fasse de cet organe important un partenaire «indispensable et encore plus proche de l'économie suisse».