Le moment est venu de rétablir la concordance et de donner à l’UDC le deuxième siège auquel elle a droit. C’est le message que le groupe parlementaire a voulu envoyer à l’Assemblée fédérale, jeudi soir, en désignant sur son «ticket» deux poids lourds du parti, un Romand et un Alémanique, le Fribourgeois Jean-François Rime et le Zurichois Bruno Zuppiger. Deux fidèles à la ligne de l’UDC, mais susceptibles d’être acceptés par la majorité du centre droit. Ce sont aussi deux élus très fortement orientés vers les intérêts des PME. Bruno Zuppiger est président de l’Union suisse des arts et métiers, Jean-François Rime est patron d’une scierie en Gruyère.

L’UDC a renouvelé bien sûr son soutien à Ueli Maurer, le chef du Département de la défense.

Un seul tour aura suffi pour désigner Jean-François Rime face à l’autre Romand, le Vaudois Guy Parmelin. Il aura fallu trois votes pour départager les quatre candidats alémaniques, soit, en plus de Bruno Zuppiger: le conseiller aux Etats Hannes Germann (SH), les conseillers d’Etat Jakob Stark (TG) et Heinz Tännler (ZG).

Par contre, selon le président du groupe, Caspar Baader, aucune stratégie n’a été définie jeudi soir, à savoir lequel des deux candidats sera lancé contre Eveline Widmer-Schlumpf ou, en cas d’insuccès, contre l’un des autres conseillers fédéraux en place.

Les deux candidats qui tenteront de reconquérir le deuxième siège de l’UDC sont pratiquement des routiniers. Jean-François Rime avait fait un score surprenant, l’an dernier, lors de l’élection complémentaire pour la succession de Hans-Rudolf Merz. En 2008, Bruno Zuppiger avait été pressenti par les partis de la droite modérée lorsqu’il avait été question de la succession du Bernois Samuel Schmid. Mais Christoph Blocher lui avait barré la route pour imposer Ueli Maurer.

Le résultat décevant des élections pour l’UDC a changé la donne. Cette fois, c’est l’UDC qui a besoin de Bruno Zuppiger et c’est le même Christoph Blocher qui est allé le rechercher. Quant à Jean-François Rime, conscient de son importance pour le groupe, il s’est défendu d’être un candidat alibi, le Romand de service que l’on ajoute sur le ticket pour rassurer la partie francophone. Jeudi, le groupe UDC a fait profil bas. Après avoir longtemps cherché durant des semaines le candidat alémanique assez crédible pour passer le cap de l’Assemblée fédéral, les dirigeants de l’UDC ont insisté sur la nécessité que les grands partis, qui représentent 75% de l’électorat, assument leurs responsabilités au gouvernement. Un discours conciliant, une façade lisse, l’UDC cherche à retrouver sa place.