Roger Köppel s’est livré à un véritable réquisitoire contre la SSR. Celle-ci n’est-elle vraiment qu’un nid de gauchistes ?

Je crois qu’il faut différencier entre la Suisse romande et la Suisse alémanique. Au niveau de l’information, la RTS fait un travail correct. Par contre, en Suisse alémanique, il y a beaucoup plus de critiques. Une récente enquête a montré que 70 % des journalistes ont des idées de gauche, un phénomène encore plus marqué dans le service public. Cela dit, la SSR est devenue un mastodonte, qui a par exemple engrangé 142 millions de plus en 2015 qu’en l’an 2000 en raison de l’augmentation de la population. Un «oui» à No Billag permettra enfin d’ouvrir un débat sur le périmètre de la SSR.

Au parlement, les Romands du groupe UDC ont majoritairement voté contre No Billag. Les représentez-vous encore ?

Nous avons un groupe UDC national. Fondamentalement, je ne suis pas pour la disparition de la SSR. Au parlement, j’ai soutenu la proposition de mon collègue Gregor Rutz pour une redevance à 200 francs qui exonérerait les entreprises. Avec la nouvelle redevance entrant en vigueur en janvier 2019, on vole 200 millions par année aux entreprises, puisque tous les employés ont déjà payé une redevance dans le cadre de leur ménage privé. A partir de 2019, je devrai payer un impôt médiatique d’environ 12’400 francs pour mes trois entreprises. C’est une arnaque !

Ne craignez-vous pas la disparition des radios et TV privées si No Billag était acceptée ?

Il y a déjà des radios et TV privées qui existent sans redevance. Pour le reste, nous avions deux solutions à l’USAM. Soit soutenir l’initiative, soit en lancer une autre semblable à la proposition Rutz. Mais nous n’avions pas les moyens de le faire, car lancer une initiative coûte 500’000 francs, sans parler de la campagne de votation dans laquelle il faudrait encore investir au moins un million.

Ne serait-il pas dommage que Radio Fribourg ou la Télé disparaissent ?

L’argument régionaliste n’a pas été l’argument principal de notre réflexion.

L’USAM a présenté un plan B pour la SSR. Que resterait-il comme contenus en Suisse romande ?

Il en resterait un, mais moins étoffé qu’aujourd’hui. Là dessus, je reconnais que nous avons une divergence avec mon directeur Hans-Ulrich Bigler. Je pense que ce n’est pas à nous de faire un plan B, car nous n’avons pas les éléments pour le faire. Si les spécialistes de Mme Doris Leuthard et de la SSR n’en ont pas fait un, alors cette attitude est absolument irresponsable.