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Jean-Pierre Thorel: «Notre observatoire social doit se réformer»

Questions à Jean-Pierre Thorel, secrétaire du Conseil économique et social de Genève, répond à ses détracteurs

Il y a une semaine, le Grand Conseil genevois n'a pas suivi l'avis de sa commission des finances qui souhaitait réduire de moitié la subvention accordée au Conseil économique et social (CES). En dernière minute, les socialistes et la droite ont passé un accord pour sauver l'organisme, mais plusieurs critiques sur son utilité se sont fait entendre. Jean-Pierre Thorel, 56 ans, ancien président de la communauté genevoise d'action syndicale et actuel secrétaire général du CES répond à ces critiques.

Le Temps: Quelle est l'utilité du CES?

Jean-Pierre Thorel: A la différence des services classiques de l'Etat, qui donnent les premières réponses aux urgences sociales, le CES est un outil d'aide à la décision et d'essai politique. C'est un banc d'essai pour les projets. Il se charge d'en évaluer la faisabilité et de décrire la configuration politique. Nous travaillons à long terme, contrairement à un parlement qui est soumis à des réponses immédiates. N'étant pas soumis à élection, nous avons plus de recul et de liberté. Composé actuellement de 45 membres, le CES dispose d'une subvention de 405 000 francs par an.

– Dans quels domaines le CES porte-t-il sa réflexion?

– Sur mandat du Conseil d'Etat, nous présenterons prochainement les conclusions d'une étude sur la question de la famille et l'organisation des temps. Nous avons aussi étudié cette année l'accès au crédit des PME et allons achever une réflexion sur les conséquences en matière de dumping social de la libre circulation. En nous basant sur l'exemple du Luxembourg, qui compte comme Genève 400 000 habitants, nous avons noté que la présence des frontaliers a un effet négligeable sur l'évolution des salaires locaux. Notre étude a aussi porté sur le canton de Bâle-Ville, où la même constatation a été faite, et sur celui du Tessin, où la présence des frontaliers a par contre induit une forte pression à la baisse sur les salaires.

– Plusieurs partis politiques ont demandé une évaluation et une réforme du CES. Etes-vous prêt à les envisager?

– Absolument. Après cette alerte budgétaire, nous souhaitons qu'il soit procédé à une évaluation de nos activités, même si cette démarche était de toute façon prévue à l'échéance du premier mandat de six ans du CES, fixé à la fin de l'an 2000. Et une réforme est nécessaire. Il faut réduire le nombre des membres, et veiller à une meilleure représentativité de la société civile, des milieux culturels et sociaux, au-delà de la représentation tripartite actuelle.

Propos recueillis par Fr. L.