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Président de la Loterie Romande, Jean-René Fournier (à droite, ici avec le conseiller national PLR Matthias Jauslin) est très satisfait de l'acceptation de la loi sur les jeux d'argent.
© ANTHONY ANEX / Keystone

Loi sur les jeux d’argent

Jean-René Fournier: «Il faut interdire les financements étrangers»

Le président de la Loterie Romande veut protéger la démocratie suisse contre les prises d’influence étrangères

Président de la Loterie Romande, le conseiller aux Etats Jean-René Fournier (PDC/VS) est satisfait du résultat mais souhaite améliorer la transparence des campagnes de votation. Il a déposé une initiative parlementaire contre les financements étrangers.

Le Temps: Qu’est-ce que cette loi va changer pour la Loterie Romande?

Jean-René Fournier: Nous disposons désormais d’une base légale qui nous permettra de moderniser et de rendre plus attractifs les jeux d’argent légaux. Les recettes supplémentaires ainsi récoltées seront consacrées à des tâches d’utilité publique. Par ailleurs, nous allons renforcer les moyens de prévention contre l’addiction ainsi que les montants que nous transférons aux cantons pour mener cette lutte.

La campagne a été virulente. Les partisans de la loi, dont la Loterie Romande fait partie, ont placardé des affiches disant que, en cas de non, des zoos, des places de jeu, l’AVS, des activités sportives seraient menacés. N’êtes-vous pas allés trop loin?

En Suisse romande, nous avons toujours cherché à mener une campagne positive. Nous avons voulu mettre les bénéficiaires en avant. Mais le ton a été assez différent en Suisse alémanique, c’est vrai. C’est sans doute une question culturelle. Cela dit, nous avons dû rappeler quelques vérités dans les débats politiques. Nous observons chaque année une érosion de nos recettes car de plus en plus d’argent quitte la Suisse au profit de ces plateformes offshore qui n’assument aucune responsabilité sociale et ne prennent aucune mesure contre l’addiction. On a parlé de 250 millions pour l’année 2017. C’est cet argent que nous espérons rapatrier en Suisse.

Des moyens financiers importants ont été engagés de part et d’autre. Faut-il prendre des mesures?

Nous avons eu la confirmation que non seulement la récolte des signatures mais aussi la campagne de votation ont été financées par des fonds provenant d’opérateurs étrangers offrant des jeux illicites en Suisse. Notre démocratie doit être protégée contre ce genre de prise d’influence. J’ai déposé une initiative parlementaire qui a pour but d’interdire de tels financements étrangers pour les initiatives, les référendums et les campagnes de votation.

Cela peut-il concerner d’autres sujets, comme l’acquisition d’un avion de combat, où des intérêts étrangers importants sont également en jeu?

Mon initiative tombe au bon moment. Tant que les constructeurs étrangers font de la publicité dans notre pays sous leur propre nom, je ne vois pas de problème ou d’immoralité. Mais s’ils financent des référendums ou des campagnes de votation de manière anonyme, cela devrait aussi être interdit. 

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