Micheline Calmy-Rey a dû prendre une décision qui ne ravira pas certains jeunes qui soufflent leurs 30 bougies en 2004: il n'y aura pas de concours d'entrée pour embrasser la carrière diplomatique cette année. Théoriquement, les candidats auraient dû présenter leur dossier jusqu'au début août, passer plusieurs examens avant d'être éventuellement sélectionnés et de débuter comme stagiaires diplomates au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à Berne en 2005. Il n'en sera rien. La conseillère fédérale a pris cette décision pour répondre aux besoins d'économies imposés par le programme fédéral d'allégement budgétaire. Le prochain concours aura ainsi lieu à la mi-2005, pour 2006. L'âge limite pour se présenter sera de 30 ans (année de naissance 1975).

Ce n'est pas la première fois qu'un chef du DFAE renonce au recrutement de jeunes diplomates pendant une année. Le concours, qui ouvre la voie à un stage de deux ans effectué en partie à Berne et en partie à l'étranger, a déjà été supprimé en 1995 et en 1984. Mais pas sous la pression d'économies à réaliser.

D'autres moyens d'embrasser la carrière

En 1995, Flavio Cotti avait supprimé le concours parce qu'il avait fait appel à plusieurs personnes de l'extérieur pour venir grossir les rangs des diplomates, court-circuitant ainsi la formation traditionnelle. La fameuse politique des «Quereinsteiger» a laissé quelques mauvais souvenirs chez certains diplomates. En 1984, Pierre Aubert a également décidé de renoncer à une volée de stagiaires, simplement parce qu'il n'y avait pas de places à repourvoir. Peu d'ambassadeurs envisageaient de prendre leur retraite l'année suivante. Une situation qui empêchait également certains diplomates, déjà âgés de plus de 50 ans, d'obtenir la promotion suprême.

Micheline Calmy-Rey a, elle, bien agi pour satisfaire à des exigences d'économies. Reste qu'elle ne juge pas le concours d'entrée proposé aux jeunes de 30 ans maximum comme le seul moyen pour devenir diplomate. Elle l'a bien prouvé en nommant récemment plusieurs personnes travaillant pour le compte de la Direction du développement et de la coopération (DDC) comme diplomates. A Madagascar d'abord, au Mozambique ensuite. Micheline Calmy-Rey a par ailleurs repéré une «demi-douzaine» d'autres pays – dont le Bangladesh et la Macédoine – où une fusion entre le bureau de coopération et l'ambassade est envisageable, avec éventuellement la nomination d'un coopérant comme diplomate à la clé.

Ceux qui soufflent leurs 30 bougies cette année n'ont ainsi pas perdu tout espoir de se retrouver un jour à la tête d'une ambassade de Suisse à l'étranger.