Prévoyance

Les jeunes s’écharpent autour des retraites

Au lendemain du oui au financement de 2 milliards pour l’AVS, les Jeunes PLR défendent la retraite à 66 ans, voire davantage. Cela leur vaut les foudres des jeunes du centre et de gauche

Ils sont encore loin de l’âge de la retraite, mais ce sont eux qui se montrent les plus offensifs au lendemain du oui du peuple aux 2 milliards versés chaque année dans le fonds AVS: les jeunes. Les Jeunes PLR travaillent sur quatre scénarios qui, tous, visent le même objectif: relever l’âge de la retraite par étapes à 66 ans, voire davantage.

Ils préparent une initiative populaire qui sera adoptée lors d’un congrès extraordinaire le 23 juin. Trois des quatre variantes sont très proches. Elles demandent que l’âge légal de la fin de la vie active soit augmenté par tranches de 2 mois à partir de 2027, pour atteindre 66 ans en 2032. Elles se différencient l’une de l’autre par le mécanisme qui permettrait d’aller plus loin encore.

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La retraite à 65 ans pour les hommes et les femmes

La première lie l’âge de la retraite à l’évolution de l’espérance de vie: si celle-ci le justifie, une hausse additionnelle d’environ 40 jours par an pourrait être décidée. La deuxième lie la fin de la vie active à l’état financier du fonds AVS. S’il ne recouvre plus la totalité des dépenses annuelles, le mécanisme consistant à ajouter deux mois chaque année pourrait être prolongé au-delà de 2032. La troisième s’arrête à 66 ans. La quatrième, enfin, se limite au relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans.

Sur le principe, les Jeunes PLR rejoignent les revendications des milieux patronaux. L’Union patronale suisse (UPS) présente sa stratégie ce mardi, mais ses positions sont connues: l’UPS a toujours été d’avis qu’on «ne pourra pas faire l’économie d’un relèvement progressif de l’âge de la retraite, en raison de l’augmentation constante de l’espérance de vie». Elle considère cependant qu’il s’agit là d’une étape ultérieure, la priorité étant d’égaliser l’âge légal pour les hommes et les femmes à 65 ans.

L’Union suisse des arts et métiers (USAM) défend un point de vue très proche du deuxième scénario des Jeunes PLR: si le taux de couverture du fonds AVS tombe au-dessous de 100% des dépenses, un système de stabilisation doit être enclenché. L’âge de référence sera relevé progressivement dès que ce taux passe au-dessous de 80%.

Référendum garanti

Ces propositions font hurler les Jeunes socialistes (JS), qui parlent d’un «affront pour celles et ceux qui travaillent depuis des décennies». Cette «attaque contre l’AVS» «nuit à toutes les travailleuses et les travailleurs, en particulier aux personnes de plus de 50 ans qui sont déjà bien souvent dans l’incapacité de retrouver du travail». Les JS s’en prennent aux «300 personnes les plus riches» pour affirmer qu’il y aurait assez d’argent en Suisse pour financer des «rentes décentes».

A propos des plus riches: les Vert’libéraux proposent dans Blick de leur supprimer le droit à la rente AVS sous prétexte qu’ils n’en ont pas besoin pour maintenir leur niveau de vie. Ils ne proposent pas de seuil précis, mais évoquent l’idée d’une fortune imposable de 5 millions de francs. Cela concernerait environ 18 000 rentiers et permettrait d’économiser 500 millions de francs par an.

Ces différentes idées alimenteront le débat qui accompagnera la réforme AVS 21, que le Conseil fédéral compte transmettre aux Chambres fédérales en août. Le relèvement de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans fera partie du projet. La présidente des JS, Tamara Funiciello, annonce déjà qu’elle combattra cette mesure par référendum et Christian Levrat, président du PS, n’exclut pas que le PS fasse de même. Quant au relèvement de la TVA, qui sera de 0,7 point selon Alain Berset, il fera l’objet d’un marchandage avec la droite patronale. L’USAM veut le limiter à 0,3 point.

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