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Tamara Funiciello et le bureau des JS, lors du lancement de l'initiative 99%, le 4 octobre 2017 à Berne. (Keystone)
© PETER KLAUNZER / Keystone

Politique

Les Jeunes socialistes agitent le PS

Tonitruante, la branche jeune du Parti socialiste fait des vagues. Remise en question à l’interne, la JS assume ses provocations sans aucun complexe

A l’occasion de l’assemblée des délégués du Parti socialiste suisse d’octobre, Christian Levrat déplorait l’échec de la réforme de l’AVS. Un revers d’autant plus amer, constatait le Fribourgeois, qu’il a des ramifications internes. «L’autogoal du siècle!» a tonné le président. La branche junior du PS a en effet mené campagne contre le mot d’ordre du comité central, avec succès.

Aux manettes de la Jeunesse socialiste (JS) depuis l’été 2016, Tamara Funiciello. Auto-proclamée «épine dans le pied» de son propre parti, la politicienne anti-establishment de 27 ans chante volontiers l’«Internationale», brûle son soutien-gorge en public en pleine manifestation féministe et mobilise ses jeunes troupes avec succès. «Je ne veux pas siéger au gouvernement, mais changer le monde», déclarait-elle à son élection. Un aplomb qui pousse Daniel Frei, ancien président du PS zurichois, à parler aujourd’hui de «Jusoifizierung» du parti – traduisez jeunisme à outrance. Omniprésents, les cadets prennent-ils l’ascendant au Parti socialiste?

Lire aussi: Rencontre avec Tamara Funiciello, la nouvelle présidente des Jeunes socialistes suisses

L’unique parti de jeunes autonome de Suisse

A la mort de Margaret Thatcher, la JS lève son verre à «son plus beau jour», lors de la campagne sur le renseignement, elle compare Guy Parmelin avec Recep Tayyip Erdogan. Dans le canton de Vaud, elle est la seule à s’être érigée contre un nouveau mandat de la locomotive Pierre-Yves Maillard en 2016. Poil à gratter assumés, la JS s’illustre régulièrement pour son idéologie radicale et affirme son opinion haut et fort. Outre les opérations coup de poing, son influence politique va également grandissante. La JS est par exemple à l’origine de l’initiative 99%, nouveau cheval de bataille du parti qui vise à augmenter les impôts des plus fortunés. Pour lancer la récolte de signatures, les jeunes militants se sont à nouveau fait remarquer en assiégeant la propriété de Magdalena Martullo-Blocher. Avec pour sous-titre: «Faisons un doigt d’honneur aux super-riches!»

Lire aussi: Les jeunes socialistes lancent une initiative contre les plus riches

Désormais conseiller national (AG) rangé des voitures, Cédric Wermuth a été lancé en politique par son mandat de président de la JS, entre 2008 et 2011. Régulièrement interpellé sur le bruit fait par ses successeurs, il confie être impressionné par la puissance de leur action, qu’il explique tout d’abord par la structure de l’organisation: «La JUSO est considérée à l’interne comme un parti autonome à part entière, explique le Suisse alémanique, ce qui est unique en Suisse». Désormais lui-même sujet d’attaques régulières de la JS en sa qualité de président du PS argovien, il défend l'action de ceux-ci qui «force à sortir de son point de vue de parlementaire». Quant à l’extrême virulence des réactions suscitées par la nouvelle présidente, encore récemment qualifiée de «bonhomme Michelin» par un conseiller national UDC, il estime que la réponse se trouve tout simplement dans le genre de la titulaire, «première femme à assumer la position du bad guy».

L’irritation face à la JS est par ailleurs partagée par plusieurs députés au sein même du PS. La conseillère aux Etats Pascale Bruderer (AG) suggérait ainsi l’éviction pure et simple de la JS de la présidence du parti en début d’année, son style «ne convenant juste pas».

L’anti-sclérose

Porte-parole de la Jeunesse socialiste vaudoise, Audrey Petoud confirme que la branche cadette prend «pas mal de place». Notre rôle, défend la jeune politicienne, est de «bousculer un parti parfois sclérosé qui a tendance à se focaliser sur des débats vus et revus». Elle assume les positions tranchées des siens: «On nous traite souvent d’utopistes, mais c’est notre futur qui est en jeu». Le PS tire toutefois globalement à la même corde, assure-t-elle. «Mais il est aussi important de pouvoir se réunir avec des personnes animées par les mêmes choses que nous», comprenez la JS. Quant à l’occupation effrénée du paysage médiatique, c’est peut-être simplement une question de dynamisme juvénile, juge la porte-parole. «Le retour triomphant de l’espoir!» clame leur portail web.

Après les critiques, Christian Levrat cherche désormais à rassurer sur la cohésion des troupes: «Un parti sans débat serait mortellement ennuyeux», confiait-il récemment à la NZZ, assurant apprécier que tout le monde au PS, les Jeunes socialistes y compris, contribue d’une manière ou d’une autre à forger le discours de demain. Se déclarant fier de la «seule jeunesse capable de lancer une initiative en Suisse», il admettait toutefois un certain agacement.

Inarrêtables

Lors de l’assemblée des délégués du parti d’octobre, le PS évoquait également la place de la femme dans la société. Parmi une pléthore de propositions, la JS a proposé qu’à l’avenir, chaque boîte de nuit de plus de 300 personnes dispose d’une zone réservée aux femmes. Le parti a dit non. Interrogée récemment par le magazine online Watson.ch, Tamara Funiciello a toutefois affirmé continuer de travailler sur le dossier et «ne jamais s’être laissé arrêter par le parti national».

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