«Jeunes sans politique», c'est le titre donné au chapitre suisse de l'étude «Citizenship and Education in 28 Countries», menée par l'International Association for the Evaluation of Educational Achevement dans 28 pays démocratiques sur 94 000 écoliers de 14 et 15 ans. Dans le classement établi, la Suisse obtient la 19e place, signale la NZZ am Sonntag. C'est la Pologne qui est en tête, devant la Finlande et Chypre. La Belgique francophone tient la dernière place derrière Hongkong.

Le professeur fribourgeois Fritz Oser, responsable scientifique de l'étude en Suisse, n'hésite pas à parler «d'analphabétisme politique»: «J'en attendais davantage de notre démocratie modèle». Face à ces résultats, il demande la mise en place d'un nouvel enseignement obligatoire pour la compréhension de la démocratie dans les écoles suisses. Car, selon un rapport publié en 2000 par les directeurs cantonaux de l'éducation, les cours d'éducation civique sont aujourd'hui dispensés sans grande cohérence ni régularité, entre l'histoire, la religion et les questions sociales.

Selon les résultats de l'enquête, les Tessinois sont les seuls à s'en sortir plutôt bien (6e place au classement général), tandis que les Romands sont mieux placés que les Alémaniques. Outre les connaissances, intérêts et comportements politiques des adolescents ont également été observés. A noter par exemple que, s'ils sont plus favorables que la moyenne aux droits de la femme, les écoliers suisses se placent en avant-dernière position derrière les Allemands s'agissant des droits des étrangers.