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Les Jeunes UDC s’attaquent aux professeurs taxés de gauchisme

Les élèves sont invités à dénoncer sur Internet les tentatives d’«endoctrinement». Un enseignement alternatif leur est proposé

Les Jeunes UDC s’attaquent aux professeurs taxés de gauchisme

Ecole Les élèves sont invités à dénoncer sur Internet les tentatives d’«endoctrinement». Un enseignement alternatif leur est proposé

«Ton professeur veut t’influencer? Les Jeunes UDC te viennent en aide.» Sous le slogan «Stop à l’endoctrinement politique!», le parti de la relève blochérienne a ouvert lundi un site internet invitant les élèves à dénoncer les cas d’«endoctrinement», de «diffamation» ou de «dévalorisation des courants de pensée différents» au sein des écoles.

«Nous recevons depuis longtemps des plaintes d’élèves de toute la Suisse concernant des professeurs qui font de l’«UDC bashing» ou qui minimisent les atrocités communistes dans leurs cours», fustige Anian Liebrand, président des Jeunes UDC, dans un communiqué.

Le site www.freie-schulen.ch souhaite encourager la «liberté de pensée» dans les établissements secondaires. Les adolescents sont appelés à poster leurs doléances sur la plateforme en allemand. «Nous étudions soigneusement les plain­tes avant de les faire apparaître sur le site, sous une forme anonymisée», explique le Lucernois de 25 ans qui préside le parti.

Le nom des enseignants n’est pas non plus publié – «Nous ne voulons pas les clouer au pilori», précise-t-il. Par contre, «les Jeunes UDC se réservent le droit de contacter l’école concernée et d’engager une discussion avec les responsables de l’établissement», explique-t-il.

Première réclamation qui a été publiée sur le site: un parent se plaint d’une lecture imposée à son fils dans le canton de Zurich – Maintenant nous, les enfants, sauvons le monde, de Felix Finkbeiner. «Ce livre partial part du principe que le changement climatique est un fait avéré, sans donner la parole à des voix critiques», déplore l’internaute.

Fortes réactions sur les réseaux sociaux

Le site au design «jeune» – dont le graphisme rappelle les plateformes anarchistes – ne s’arrête pas là. Il veut également proposer un enseignement alternatif, des «contenus ignorés» par les professeurs et les médias. Bien que les liens soient encore inexistants et les pages vierges, les thèmes sont déjà affichés sur la plateforme. Leur contenu, qui sera mis en ligne dès le 7 septembre, sent déjà la rhétorique blochérienne: «La Suisse et le corset de l’ONU et de l’Union européenne»; «L’éco-fascisme et les mensonges sur le climat»; «Les théories du genre et la sexualisation précoce» ou «Le livre noir du socialisme».

Les Jeunes UDC, qui estiment que l’histoire suisse souffre d’un déficit d’enseignement dans les écoles, consacrent plusieurs chapitres à cette thématique. Revisitant par exemple la Seconde Guerre mondiale. Ils annoncent également la publication d’une brochure pour mettre en lumière des aspects ignorés de l’histoire helvétique. Le premier numéro sera diffusé au cours du mois d’octobre, précisent-ils. «Nous voulons montrer que le patriotisme et le conservatisme peuvent être cool», souligne Anian Liebrand.

La mise en ligne du site n’a pas manqué de créer le débat dans la presse alémanique et sur les réseaux sociaux, où des milliers d’internautes s’affrontaient lundi. Tant les historiens que les enseignants dénonçaient la «propagande» du parti. Et près d’un millier de personnes avaient «liké» sur Facebook la parodie des Jeunes Verts. A l’adresse www.freie­schulen.ch , le parti écologique fustige l’initiative des Jeunes UDC, «aux relents totalitaires».

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