«Des centaines d’élèves ukrainiens» ont pris ou vont tout prochainement prendre «le chemin de l’école en Suisse, certains pour la première fois. Les cantons romands ont décidé de privilégier l’intégration immédiate dans des classes ordinaires.» Sachant que selon la Confédération, le nombre de réfugiés ukrainiens pourrait passer de 60 000 actuellement à plus de 100 000 d’ici la fin de l’année, pour le conseiller d’Etat valaisan Christophe Darbellay, qui s’est récemment exprimé sur la RTS et qui préside la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP), «cette solution a fait ses preuves».

Dans le canton de Neuchâtel, «le grand jour approche pour Mariana: cette petite fille ukrainienne âgée de 4 ans s’apprête à faire sa première rentrée à l’école de Bevaix, relate la RTS. […] Sa maman a toutefois dû être rassurée. Elle était un peu angoissée, parce que Mariana va commencer deux ans plus tôt qu’en Ukraine, et pas du tout dans les mêmes conditions, explique Kira Rothen, qui accueille la famille Nazaruk. Dès que nous sommes allés visiter une classe, elle a été complètement rassurée»…

… Et Mariana ne voulait plus quitter la classe

Et son frère, alors? A «bientôt 12 ans, [il] ne montre pas l’ombre d’une appréhension. L’adolescent effectuera aussi sa rentrée après avoir passé deux mois dans une classe spéciale afin d’apprendre le français. Mais l’intégration immédiate en classe régulière reste la solution privilégiée par les cantons romands.» Deux cents écoliers ukrainiens sont attendus dans les écoles neuchâteloises, soit 1% des effectifs du canton.

Dans le canton de Fribourg, l’Etat annonçait en mai dernier que «les arrivées en nombre d’enfants et de jeunes présentent des défis en matière de formation. Les différents partenaires ont pu, avec pragmatisme, les intégrer dans diverses classes et institutions de formation. Plus de 1800 personnes sont arrivées depuis l’Ukraine dans le canton depuis le mois de mars dernier, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents. […] L’arrivée de ces jeunes représente un défi pour le canton et les communes. Pour y faire face, une cellule dédiée à la formation et en particulier aux écoles a été créée […] pour coordonner les différents aspects de scolarisation et d’intégration».

L’objectif du canton? «Permettre aux enfants et aux jeunes de participer le plus rapidement possible à la vie sociale normale et quotidienne de leur environnement. Ainsi, la scolarisation rapide des enfants et des jeunes a pu être réalisée, grâce au pragmatisme des différents partenaires. Quelque 426 élèves de l’école obligatoire ont pu rejoindre les classes ordinaires et suivent des cours dans les différentes écoles du canton, avec les soutiens nécessaires. Des cours de langue [ont été] organisés dans le cadre scolaire durant les vacances d’été pour leur permettre de commencer l’année en automne de la meilleure des manières possibles.»

Dans le canton de Vaud, «le flux migratoire provoqué par le conflit en Ukraine s’est poursuivi cet été, mais à un rythme plus lent. Depuis le mois de mars, 990 enfants ont pu être intégrés en école obligatoire et 217 au postobligatoire où l’Ecole de l’accueil double sa capacité […], dit le site officiel de l’Etat. Le dispositif prévoit que les élèves sont intégrés dans une classe ordinaire avec des cours de français ou scolarisés en classe d’accueil.»

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Dans le canton de Genève, la Tribune se demande «comment accueillir correctement des élèves fuyant la guerre? Vu l’évolution du conflit en Ukraine, la question risque d’occuper le DIP pendant un moment. Selon les derniers chiffres à disposition, 384 d’entre eux sont déjà présents dans les différents établissements du canton. Deux tiers d’entre eux sont à l’école primaire, dans des classes d’accueil.»

Leur particularité? «Ce sont des enfants qui ont connu la guerre. Ils ont des traumatismes. Les profs ne sont pas formés pour gérer ça», s’inquiète Francesca Marchesini, présidente de la Société pédagogique genevoise (SPG). La syndicaliste craint que ce problème n’empire avec le temps: «Les premiers réfugiés arrivés ont fui la guerre assez tôt, ils en ont peut-être moins vu. Ceux qui arrivent maintenant ont connu plus d’événements traumatisants»…

… Plus ça va aller, plus ce sera compliqué

«Reste la question de la capacité des classes d’accueil. Les enseignants risquent-ils d’être débordés? La SPG affirme que les professeurs genevois sont suffisamment nombreux et formés»: «Les réfugiés sont arrivés à l’école au compte-gouttes et la culture scolaire ukrainienne, relativement proche de la nôtre, facilite leur acclimatation», explique Francesca Marchesini. Elle ajoute que «les enseignants genevois ont probablement plus l’habitude de travailler avec des élèves d’origine étrangère que ceux d’autres cantons.»

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Dans le canton du Jura, «intégrés sur les bancs des écoles du canton depuis mars, les petits Ukrainiens [sont], eux, très exactement 115 à remettre leur sac sur le dos. Les plus jeunes (1-2P) [ont rejoint] des classes régulières, a précisé […] au Quotidien jurassien le ministre de la Formation, Martial Courtet. Dès la 3P, ils [sont] scolarisés dans une des six classes d’accueil ouvertes dans le canton, ou dans une classe régulière. Leur orientation dépend de plusieurs critères, comme leur maîtrise du français ou la distance entre le lieu de la classe d’accueil et leur domicile.» Dans les classes d’accueil, l’enseignement se donne par un enseignant en français et une traductrice ukrainienne.

Dans le canton du Valais, 300 écoliers ukrainiens sont attendus, représentant moins de 1% des effectifs. Ils «suivront les cours dans les classes valaisannes en cette rentrée 2022-2023, annonce Le Nouvelliste. Parmi eux, 50 enfants entreront en 1H et découvriront ainsi le monde de l’école pour la première fois. Nous accueillons des jeunes ukrainiens depuis mars et tout se passe bien pour l’instant, avec un appui pour l’apprentissage de la langue. Ces enfants ont une grande capacité d’adaptation», se réjouit Christophe Darbellay. Le Valais a choisi d’intégrer ces élèves dans des classes ordinaires, comme il le fait pour les 1000 autres élèves allophones. «Nous sommes cependant prêts à changer de stratégie si leur nombre devait dépasser 1500.»

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Dans le canton de Berne, peu d’informations sont disponibles sur les écoles francophones ou bilingues, mais Radio Jura bernois indique qu'«entre 10 000 et 10 500 élèves» ont déjà repris – ou sont en passe de le faire – le chemin de l’école. «Un chiffre en augmentation, notamment du à l’arrivée d’enfants de réfugiés ukrainiens.» Et Berne a un autre problème: il doit prendre des mesures pour aider les écoles à faire face à la pénurie d’enseignants, un phénomène qui touche essentiellement la partie alémanique.

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