Vaud

Les jeunesses UDC et PLR avec No Billag

L'initiative qui vise à supprimer la redevance télévision anime le débat à l'intérieur des partis de droite vaudois. L'UDC Vaud a décidé de suivre le président des jeunes plutôt que les notables du parti

Vendredi passé, l’UDC Vaud s’est nettement prononcée en faveur de l’initiative «No Billag» (63 voix contre 18 et 10 abstentions). Ce faisant, le parti s’est aligné non pas sur la position de ses élus fédéraux, à commencer par le conseiller national Jacques Nicolet, opposé à l’initiative, mais sur celle de Yohan Ziehli, président des Jeunes UDC Vaud. Une bataille générationnelle également observée au sein du PLR vaudois, dont la jeunesse, favorable à l’initiative, n’a cependant pas connu le même succès. Le parti bourgeois s’est en effet prononcé contre «No Billag» sur le score sans appel de 182 non, 28 oui et 18 abstentions.

Si les deux principaux partis de droite affichent des positions officielles antagonistes, leurs jeunesses semblent partager la même aversion pour la redevance télévision. Et le même désaccord avec les cadres de leurs partis respectifs. Les jeunes bourgeois restent sourds aux arguments invoqués par les cadres des deux partis, qui voient dans le service public le garant de la cohésion nationale et de la protection des minorités linguistiques. Pourquoi ce désamour?

«L’équivalent d’une treizième prime maladie»

Président du Conseil communal de La Tour-de-Peilz, Yohan Ziehli est le premier surpris par le résultat du vote de son parti: «Je m’attendais à perdre», confie-t-il. «Je pensais qu’un congrès romand refuserait l’initiative. Si on avait voté en début de séance, ça aurait d’ailleurs sûrement été le cas.»

Après plus d’une heure de débats nourris, le résultat est pourtant nettement en faveur du Jeune UDC. Qui dénonce avant tout le prix élevé de la redevance, «l’équivalent d’une treizième prime maladie», et invoque la nécessité de tenir compte de la révolution du paysage médiatique provoquée par Internet. «Nous voulons payer pour ce que nous consommons», martèle le politicien. «Je ne veux pas payer pour ce que je ne regarde pas, ni obliger une personne défavorisée à payer pour mon match de foot. Le citoyen doit être libre de gérer son argent comme il le désire.»

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Le Jeune UDC ne croit pas pour autant à la mort de l’information de qualité en Suisse: «S’il y a une demande, il y aura une offre.» Pas de conflit intergénérationnel dans cette votation selon lui non plus, juste la défense des plus faibles de tout âge: «La base du parti a simplement adhéré aux arguments avancés par la jeunesse», commente-t-il. «Des retraités nous ont également soutenus lors du congrès. Avec une petite rente, l’argument prix porte.» Il rappelle qu’un contre-projet à l’initiative avait été proposé par l’UDC, fixant une redevance à 200 francs par an, «rejetée presque sans débat». Un refus d’entrée en matière jugé «hautain» par le jeune politicien.

Manque de remise 
en question de la SSR

Hautain, l’adjectif résonne chez Loïc Hautier, président des Jeunes PLR vaudois (JLRV). «Je n’étais pas originellement dans le comité d’initiative», déclare le juriste, «mon adhésion est venue avec l’incapacité de la SSR de se remettre en question.» Il admet que l’initiative est drastique. Toutefois, dit-il, «c’est à cela qu’on arrive à force de refuser de négocier».

La conception qui veut que tout ce que retransmet la SSR fasse partie du service public est bien trop globale, déclare le radical, qui donne l’exemple des Coups de cœur d’Alain Morisod et des séries américaines: «Je ne vois pas bien quel rôle sociétal remplit ce type d’émission.» Le président des JLRV aurait accepté le contre-projet à 200 francs par mois proposé par l’UDC.

Président de l’UDC Vaud opposé à la suppression de la redevance, Jacques Nicolet déplore devoir choisir entre «deux mauvais choix». «Une voie médiane défendue par l’UDC n’a pas été retenue alors qu’elle était totalement applicable», dénonce l’agriculteur. «En même temps, une minorité au sein de l’UDC pense que «No Billag» est excessive et que les retombées de la taxe en suisse romande sont importantes.» Il souligne l’évolution des médias: «Si les jeunes veulent voir un film, ils n’attendent pas qu’il passe à la télévision, ils paient pour Netflix.» Il prédit un soutien général à l’initiative par les autres branches cantonales UDC, alémaniques comme romandes.

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