Manuel Tornare ne se veut pas défaitiste mais «réaliste»: selon lui, Genève devrait en toute logique renoncer à être candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2018. Invité à s'exprimer sur la candidature d'Annecy pour ces mêmes JO, rendue officielle lundi (LT du 02.12.2008), le maire de Genève est on ne peut plus clair: «Derrière Annecy, il y a toute une ville et un département. Chez nous, les conditions ne sont tout simplement pas remplies pour que nous soyons candidats à la candidature.» Le magistrat poursuit ainsi: «Nous ne sentons aucune ferveur populaire, les politiques ne suivent pas, Swiss Olympic ne nous soutient pas et l'engagement du secteur privé se fait encore attendre, cela fait beaucoup.»

Manuel Tornare estime par ailleurs que le dossier a été monté de manière «amateur». Au passage, il égratigne une certaine presse «qui a tiré contre le projet».

Sollicité par Le Temps, Mark Muller, chef du Département des constructions et technologies de l'information, qui au sortir d'un Euro réussi n'avait d'yeux que pour une candidature du canton aux JO 2018, est demeuré silencieux.

Jean-Luc Rigaut, le maire d'Annecy, qui l'a rencontré récemment, indique que «le conseiller d'Etat a formulé tout son soutien à la candidature d'Annecy. Mark Muller a promis son concours en mettant à disposition l'aéroport international de Genève et les infrastructures hôtelières», confie l'élu de la préfecture de Haute-Savoie. Du côté du Conseil d'Etat, il semble donc que l'on se soit fait, là aussi, une raison.

Chargé de monter le dossier de candidature, le «comité exploratoire» de GE JO 2018, constitué notamment de Jean-Pierre Jobin, le président de Genève Tourisme, et de Marco Torriani, le directeur de l'hôtel Mandarin Oriental, n'a pas désiré commenter les propos de ce dernier tenus dans La Tribune de Genève et confirmant à demi-mot l'abandon du projet. «Six groupes de travail travaillent et rendront leur rapport en fin d'année. Une décision sera prise à ce moment-là», a indiqué Christophe Lamps, un membre du comité exploratoire.