VU DE SUISSE

Johann Schneider-Ammann félicite Donald Trump et autres réactions en Suisse

Le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, a félicité Donald Trump, les socialistes se désolent et craignent pour les droits des minorités, ainsi que pour l'égalité, tandis que la droite de la droite félicite Donald Trump et le bon sens du peuple américain 

Dès 7h du matin, alors que la victoire de Donald Trump se précise, les réactions commencent à tomber en Suisse, sur la RTS, les médias et les réseaux sociaux. Propos et tweets saisis au vol, ainsi que sur les agences:

Le président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann, a félicité Donald Trump pour son élection au poste de président des Etats-Unis. Il a souligné les valeurs communes partagées par les deux pays et rappelé les étroites relations économiques, politiques et culturelles qui lient la Suisse et les Etats-Unis. Berne espère continuer à soigner et approfondir la collaboration avec Washington, selon un communiqué du Département fédéral de l'économie. Le Conseil fédéral a pris acte des résultats de l'élection. 

L'élection de Donald Trump fait l'effet d'une claque pour les milieux écologistes suisses. Parlant d'un sérieux contrecoup pour la protection climatique internationale, ils estiment l'application de l'accord de Paris menacée. Quelques jours avant l'entrée en vigueur de l'accord de Paris sur le climat, Donald Trump avait annoncé son intention d'en sortir, rappelle l'Alliance climatique Suisse dans un communiqué. L'organisation craint que le nouveau président n'investisse des milliards dans le charbon, le pétrole et le gaz naturel, au lieu d'abandonner les énergies fossiles. 

Adèle Thorens, ancienne co-présidente des Verts, s'inquiète elle aussi pour l'accord de Paris sur le climat. Les Etats-Unis sont l'un des plus gros émetteurs de CO2 de la planète, et avec Trump comme président, les objectifs du texte ne vont probablement pas être appliqués sur le territoire américain, pronostique-t-elle. La Vaudoise se dit par ailleurs «consternée en tant qu'écologiste et en tant que femme». Il y a des choses que l'on ne veut pas croire, mais malheureusement elles arrivent, glisse-t-elle.

«Egalité des sexes. Droits fondamentaux. Sécurité sociale. Protection climatique. Commerce équitable. Rien n'est gagné. Continuons à lutter», écrit le Parti écologiste sur Twitter.

A lire: Emilia Pasquier, du Foraus: «Donald Trump sera-t-il surtout dans le show off comme le fut Silvio Berlusconi?»  

«Les interrogations sont très nombreuses» concernant les possibles répercussions de la victoire électorale de Donald Trump sur la Suisse, affirme la présidente du Conseil national Christa Markwalder (PLR/BE). Le monde politique a toutefois intérêt à poursuivre les bonnes relations avec les Etats-Unis, estime-t-elle. Les points d'interrogation portent surtout sur le libre-échange et l'ouverture des marchés, selon la politicienne. La victoire électorale de Donald Trump «fait planer un climat d'insécurité et cela pénalise les investisseurs», a-t-elle affirmé à l'ats. Les Etats-Unis sont, après l'Allemagne, le plus important partenaire d'exportation de la Suisse.

Il faut toutefois être conscient que beaucoup se décide au parlement des Etats-Unis, a souligné Mme Markwalder. Tout ce qui a pu être entendu lors de la campagne ne passerait pas forcément au Congrès. Le paysage politique y est moins uni et les divergences d'opinion au sein des partis grandes.

A lire: Thomas Aeschi, UDC: «Donald Trump ne sera pas aussi dangereux qu'on le prédit» 

Didier Burkhalter, ministre des Affaires étrangères au nom du Conseil fédéral, en direct sur la Première: «La tendance est claire. Notre président de la Confédération va bientôt pouvoir féliciter le nouveau président des Etats-Unis. Le monde change – et il est difficile à l’heure actuelle –, les Etats-Unis changent, mais la Suisse ne change pas. Quel que soit le résultat des élections ailleurs, deux grands domaines restent importants pour nous: la paix et la sécurité d’une part; la science, la recherche, l’innovation et l’économie d’autre part. Dans le domaine de la paix et de la sécurité, nous allons continuer à travailler de la même manière. Nous avons beaucoup d’intérêts en commun avec les Etats-Unis, notamment le mandat de bons offices pour l’Iran, ainsi que des relations économiques très dynamiques, avec 50 milliards d’échanges et une balance commerciale positive, cela va compter. Pour la Suisse, l’enjeu, c’est de poursuivre dans nos priorités que sont la paix, la sécurité et l’économie. […]

Nous avons des contacts avec les équipes d’après. Il faut rester relativement serein, nous avons une relation assez forte avec les Etats-Unis. Nous allons poursuivre notre travail de réseautage avec la nouvelle équipe. Nous connaissions très bien l’équipe en place et John Kerry, nous ouvrons un nouveau chapitre. Mais nous pourrons travailler avec n’importe quelle administration.»

Micheline Calmy-Rey, ancienne présidente de la Confédération, en direct sur la RTS: durant la campagne, «Hillary Clinton a eu un parcours très dur. Comme femme, elle ne peut pas montrer sa force, elle ne peut pas taper du poing sur la table, sinon elle est qualifiée d’hystérique. Comme secrétaire d’Etat, elle était très méthodique et organisée, elle a mené une politique étrangère basée sur la raison, la défense des droits humains, le dialogue plus que la force militaire. Cette politique-là est remise en cause un peu partout dans le monde.»

Dans un communiqué, le Parti socialiste suisse déplore l’élection de Donald Trump, s’inquiète pour les droits des minorités et constate, amer, que «le nationalisme (marche) main dans la main avec la démagogie»: «L’élection du mégalomane, narcissique et populiste Donald Trump à la présidence des Etats-Unis représente pour le PS Suisse un signal d’alarme, en particulier pour les droits des femmes, pour la diversité culturelle et sociétale, comme pour le multilatéralisme. Ailleurs dans le monde aussi, des démagogues élitaires remettent en question les droits humains, la protection des minorités et l’indépendance de la justice. Les socialistes doivent s’opposer fermement à cette lutte des classes de milliardaires et de puissants», écrit le PSS. «De toute évidence, Donald Trump est parvenu à déstabiliser la majorité de femmes et de migrant-e-s debout derrière Hillary Clinton, en incitant beaucoup d’entre eux à ne pas se rendre aux urnes. Ceci a laissé la voie libre à un président n’ayant jamais caché sa volonté de revenir sur le niveau d’égalité des sexes et le niveau d’égalité atteint jusqu’à présent pour la population issue de l’immigration. Le succès électoral de Trump compromet l’ordre mondial créé avec la fondation de l’ONU et de la déclaration des droits de l’homme il y a 70 ans, comme réponse aux atrocités nazies, au racisme et au colonialisme. A la place, le mégalomane et narcissique Trump menace de rallumer, à l’échelle mondiale, la flamme du populisme, du nationalisme agressif et du mépris des droits humains.»

Dans la même veine, ce tweet de la conseillère nationale socialiste Ada Marra:

Et celui de Carlo Sommaruga, conseiller national socialiste, qui a passé la nuit à Berne entre «fatigue et désespoir»:

https://twitter.com/CarloSommaruga/status/796212452430123008

Céline Amaudruz, conseillère nationale UDC sur Twitter:

A lire: «Donald Trump élu, que demander de plus?», l'opinion publiée par Céline Amaudruz

Du côté de la droite radicale, Eric Stauffer, le fondateur du MCG, félicite chaleureusement sur Facebook le nouveau président américain: «Bravo à Donald Trump! Quand la voix du peuple s’exprime… c’est sans appel!» écrit-il.

A lire: Martine Brunschwig Graf: «Comprendre ce vote plutôt que de parler de populisme»

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