L’année 2015 commence mal pour Johann Schneider-Ammann. Fustigé pour avoir plus ou moins soutenu une baisse salariale pour compenser la force du franc suisse, le ministre radical de l’Economie est aujourd’hui critiqué pour la faiblesse de ses mesures d’accompagnement sensées répondre à l’initiative contre l’immigration de masse.

Pour rappel, le Conseil fédéral a présenté mercredi son projet d’application. Le plus dur sera de renégocier la libre-circulation des personnes avec l’Union européenne. Mais pour compenser la limitation des employés étrangers, il s’agit également d’œuvrer sur le plan interne.

«Manque de courage»

Encourager l’employabilité des femmes, des seniors, des handicapés, des réfugiés, des chômeurs: de bonnes intentions. «J’attends de Schneider-Ammann des mesures concrètes», lance Christophe Darbellay, président du PDC dans le SonntagsBlick (SoBli). Pour le Valaisan, ces premières intentions sont «anodines et Schneider-Ammann manque de courage». Un refrain repris par Martin Landolt, président du PBD.

La presse dominicale relève également que Johann Schneider-Ammann est apparu isolé mercredi face aux médias. Le SoBli note que le chef du Département des affaires étrangères, Didier Burkhalter, et la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, forment pour leur part un véritable «duo diplomatique» et que leur entente est visible. D’ailleurs, d’après la Schweiz am Sonntag, eux seuls devaient présenter le plan du Conseil fédéral. «Schneider-Ammann semblait perdu», lit-on, alors que jusqu’en début d’après-midi sa présence à la conférence de presse n’était pas certaine.

«Petit pansement»

La même impression ressort des entretiens de Watteville, réunissant vendredi le Conseil fédéral et les dirigeants des partis. «Schneider-Ammann doit agir tout de suite, pas dans deux ans», déclare le même Christophe Darbellay, qualifiant les mesures que le Département de l’économie doit pourtant mettre en œuvre de «politique du petit pansement».

Le Matin Dimanche (LMD) en rajoute une couche en dévoilant que le programme prévu pour mieux exploiter la main-d’œuvre suisse n’a même pas été proposé et concocté par le ministre de l’Economie, mais par son collègue de parti Didier Burkhalter. Johann Schneider-Ammann se serait contenté de l’approuver et se donne jusqu’en juin pour creuser les différentes pistes évoquées. Signe que les deux conseillers fédéraux radicaux sont déjà en concurrence pour assurer leur réélection cet automne?

Et maintenant, la facture!

Toujours est-il que Johann Schneider-Ammann aura du pain sur la planche. Pour LMD, le Conseil fédéral est déjà «empêtré dans ses mesures sur la main-d’œuvre suisse». Car le potentiel est théorique. Améliorer l’employabilité des femmes, des seniors, des réfugiés et des handicapés sera difficile sans lois contraignantes et surtout onéreux puisqu’il faudra encourager la formation continue, former d’avantage de personnel de soins, améliorer l’offre en structures d’accueil pour les enfants... L’instauration de contingents pour les travailleurs étrangers ne sera pas gratuite non plus.

La NZZ am Sonntag relève que la bureaucratie inhérente à ce système pourrait coûter jusqu’à deux milliards de francs suisses à l’économie. Cette estimation provient de Valentin Vogt, président de l’Union patronale suisse. Elle est bien supérieure à celle du Conseil fédéral, qui parle d’un montant se situant entre 20 à 100 millions de francs suisses.

« e Conseil fédéral estime aujourd’hui à 500 francs le coût administratif lié à l’engagement d’un employé provenant d’un Etat tiers. Or, dans ma pratique, il s’agit plutôt de 2000 francs», explique-t-il. Si les employés européens devaient également être soumis à des contingents, la facture grimperait d’autant. Et c’est sans compter les frais d’annonce pour recruter du personnel indigène, note Economiesuisse.

Mgr Morerod répond

La presse dominicale ne parle pas que de l’après-9 février. Elle revient également sur la sanction infligée à l’abbé Bucheli, lequel a béni un couple homosexuel à Bürglen, dans le canton d’Uri, et devrait quitter sa paroisse pour rejoindre le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. L’affaire divise l’Eglise catholique et relance le débat sur le mariage homosexuel. Dans LMD, Mgr Charles Morerod rappelle que «le mariage, dans l’Eglise catholique, c’est entre un homme et une femme, et ce n’est pas à un curé ou à un évêque de remettre cela en question». L’évêque devrait rencontrer le concerné au mois de mars, en vue de son retour. «S’il revient pour faire de son église un centre de bénédiction pour couples homosexuels, cela posera quelques problèmes. Il faudra que je le lui dise», explique-t-il.

Enfin, LMD et la SonntagsZeitung consacrent également un long dossier à la personnalité et au parcours d’Hervé Falciani, l’informaticien à la base des révélations de SwissLeaks sur le passé de la banque HSBC.