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Johann Schneider-Ammann veut investir dans la formation numérique

Le ministre de l’Economie demande un financement de 150 millions de francs pour soutenir le tournant numérique

C’est une conséquence concrète du rapport du Conseil fédéral sur la «Suisse numérique» approuvé en janvier: Johann Schneider-Ammann demande à ses collègues du gouvernement un crédit additionnel de 150 millions pour la formation numérique. Le ministre de l’Economie a confirmé l'«ordre de grandeur» à la TV alémanique SRF, qui a révélé l’information.

Lorsqu’il a pris connaissance du rapport en janvier, le Conseil fédéral a distribué six mandats d’examen à l’administration fédérale. L’un porte sur la formation et la recherche. Les services de Johann Schneider-Ammann ont été invités à présenter d’ici à fin juin 2017 une analyse «des conséquences de la numérisation sur le domaine de la formation et de la recherche» et à proposer des mesures. Le conseiller fédéral est ainsi parvenu à la conclusion que des dispositions devaient être prises.

Lire aussi: La Confédération fait confiance à l’économe numérique

Du soutien pour les hautes écoles à l’achat d’ordinateurs

Cela va dans le sens des attentes d’ICTswitzerland qui, dans le «Manifeste digital pour la Suisse» lancé en 2016, demande – parmi d’autres initiatives – une augmentation des investissements dans la formation de base et la formation continue. Son président, le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG), juge «bien» que l’on fasse quelque chose mais attend de voir concrètement ce que le Conseil fédéral va décider avant de se prononcer. Le gouvernement devrait se déterminer lors d’une de ses trois dernières séances avant la pause estivale.

Lire: Marcel Dobler, coauteur du Manifeste digital pour la Suisse

La palette peut être large, allant de soutiens pour les hautes écoles à l’encouragement d’achats d’ordinateurs dans les écoles. L’initiative lancée pour prévenir la pénurie de main-d’œuvre qualifiée a identifié la nécessité de mettre l’accent sur les branches MINT (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques), où un manque de spécialistes a été constaté.

Nous ne devons pas nous faire le reproche plus tard de nous être endormis.

Johann Schneider-Ammann

Johann Schneider-Ammann souhaite renforcer la formation numérique des jeunes à l’école et dans le cadre de l’apprentissage mais aussi la formation continue des adultes de 20 à 50 ans. «Il m’importe de commencer ces prochains mois à créer les conditions préalables à cette formation. Nous ne devons pas nous faire le reproche plus tard de nous être endormis», a-t-il déclaré à la radio alémanique.

Moyens à compenser ailleurs?

Il faudra cependant franchir un obstacle financier. Le crédit de 150 millions qu’il demande à ses collègues ne fait pas partie de l’enveloppe quadriennale de 26,387 milliards adoptée l’an dernier par le parlement pour les années 2017 à 2020. Il vient en plus. La question d’une éventuelle compensation par d’autres positions budgétaires va ainsi se poser. «Pour l’instant, je pars du principe que notre demande au Conseil fédéral et au parlement sera considérée comme des moyens supplémentaires», a-t-il ajouté. Il envisage un calendrier par étapes ou des petites compensations partielles. «L’important est que nous agissions de manière intensive et globale», a-t-il poursuivi.

Les autres mandats confiés par le gouvernement en janvier concernaient les plateformes d’hébergement comme Airbnb, les prestations de mobilité de type Uber, le contrôle des fusions de plateformes internet, les entraves à la numérisation et l’évolution de la réglementation internationale dans le secteur numérique.

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