Jamais personne ne saura avec certitude ce qu’il s’est exactement passé dans la chambre de la pension romaine, hébergeant les élèves du collège lausannois de l’Elysée en voyage d’études, le 8 avril 2014. Ce soir-là, Jon, 16 ans, succombe à un coup de couteau, le blessant au cœur.

Jon, cet adolescent adoré de sa classe, découvert par toute la Suisse romande suite au drame, sur ses vidéos youtube où il faisait le pitre. Le jour même de sa mort, il achète avec ses camarades un couteau papillon, un modèle interdit en Suisse. Un objet pliable, d’origine philippine et courant dans les arts martiaux qui est considéré comme une arme. Il partage sa dernière soirée avec quatre autres camarades dans sa chambre. Jusqu’à ce que l’un d’eux court chercher de l’aide auprès d’un professeur: Jon saigne, sa blessure au cœur a été causée par la lame du nouveau couteau.

Les quatre témoins-clés parlent à la police italienne juste après l’accident mais refuseront de formaliser leurs propos dans un procès-verbal. Quinze jours après, de retour en Suisse, ils déposent une version identique au Tribunal des mineurs du canton de Vaud. D’après eux, Jon est le seul responsable de sa mort, il s’agit d’un accident.

Dès lors, la thèse d’une concertation entre les élèves-témoins émerge. La mort de Jon serait-elle due à un jeu qui aurait mal tourné? Les quatre élèves essaient-ils de se protéger les uns, les autres? La victime a-t-elle pu se blesser mortellement toute seule?

Une enquête pénale est ouverte simultanément en Suisse et en Italie. Mais en l’absence de décision de l’autorité judiciaire italienne concernant une éventuelle délégation de la poursuite à la Suisse, le président du Tribunal des mineurs, Alain Meister, demande une commission rogatoire. Il veut lui-même pouvoir juger des preuves dans l’affaire déterminée.

Les pièces essentielles du dossier d’instruction italien ne révèlent aucun élément entrant en contradiction avec les explications fournies par les compagnons de chambre de l’élève décédé et confirment la thèse de l’accident. Aucun des quatre jeunes témoins n’est considéré comme prévenu dans l’affaire pénale mais comme Personne appelée à donner des renseignements (Padr). Les conclusions du rapport d’autopsie sont compatibles avec leurs explications.

Ainsi, au vu de l’ensemble des informations recueillies, la thèse selon laquelle le décès est dû à une blessure au cœur auto-infligée accidentellement au moyen d’un couteau papillon est confirmée par le Tribunal des mineurs. «Aucune participation d’un tiers n’a été établie», souligne son président en clôturant la procédure.

La famille aujourd’hui ne conteste pas la conclusion du Tribunal, dans une interview parue peu après le drame, les parents de Jon avaient fait part de leur certitude qu’il s’agissait bien d’un accident.