Joseph Deiss réagit à son tour aux attaques du Parti socialiste (Le Temps du 7 juillet). Si les démocrates-chrétiens, dont le président du parti Philipp Stähelin, ont durcit le ton à propos des affiches du PS critiquant la politique économique de leur conseiller fédéral («200 000 personnes cherchent du travail et le PDC Deiss va se baigner»), le principal concerné est également sorti du bois. Sur les ondes radiophoniques et sans grands fracas.

A la radio alémanique DRS, il a qualifié lundi la campagne d'affichage du PS dirigée contre sa personne de «déloyale», rappelant en passant, sur un ton plutôt guilleret, qu'il ne partait pas se baigner mais qu'il souhaitait bien du plaisir à ceux qui le font. Le conseiller fédéral a souligné qu'il ne se laisserait pas intimider par des stratégies de campagne électorale, tout en se déclarant pas vraiment surpris par les attaques du PS: à ses yeux, tous les conseillers fédéraux non socialistes peuvent d'ailleurs s'attendre à servir de cible. Egalement invité à l'émission Forum de la Radio suisse romande (RSR), il a surtout rappelé qu'il n'allait pas se prononcer sur les méthodes, mais uniquement réagir sur le fond des attaques. «Il est totalement faux de sous-entendre que le Conseil fédéral ou mon Département ne font rien pour lutter contre le chômage. Tous les instruments de politique dont on dispose pour relancer l'économie seront utilisés», insiste-t-il. Se sent-il blessé d'avoir été pris pour cible par le PS? A cette question, Joseph Deiss déclare calmement «ne pas trop prendre les choses au sérieux», avoir «beaucoup d'amis» dans les rangs socialistes et être «capable de gérer cette situation». Se sent-il en danger pour les élections de cet automne? «J'ai pour principale mission de faire mon travail au plus près de ma conscience et de mon savoir», répond-t-il, toujours aussi imperturbable. Joseph Deiss n'a par ailleurs pas le sentiment que le centre s'effrite au profit d'une bipolarisation du système politique, toujours plus perceptible. Quant à une éventuelle riposte ou contre-offensive de sa part, il a déclaré: «Ce n'est pas mon genre. Je n'ai pas pour rôle de descendre à un niveau de dénigrement ou de méchanceté.» Le PDC n'a, lui, pas hésité à qualifier les méthodes du PS de «coup de poignard, digne d'un Jörg Haider en Autriche ou d'un Pim Fortuyn aux Pays-Bas».