C’est devenu un sport national: l’«accord-cadre bashing». Milieux économiques et partis politiques se déchirent et fustigent à qui mieux mieux l’accord institutionnel avec l’Union européenne. Les opposants de principe se voient rejoindre par des dissidents torpillant des négociations fort mal embouchées. Tandis que le Conseil fédéral se montre de plus en plus atone et son porte-drapeau, Ignazio Cassis, hésitant. Selon la SonntagsZeitung, le tableau est si sombre que le Conseil fédéral étudierait la possibilité de se retirer des négociations.

Et voilà qu’une nouvelle force veut renverser la vapeur. Baptisé Progresuisse, le mouvement qui s’est déclaré dimanche dans le SonntagsBlick compte peser face au scepticisme qui occupe le terrain. Fort de plus de 60 personnes issues de la science, des affaires, de la politique et de la société, en collaboration avec le think tank Reatch, il veut stimuler «un débat substantiel et constructif» sur la portée de cet accord et défendre la voie bilatérale. Parmi eux, l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss: «En principe, je ne me mêle pas trop de la vie politique. Mais je suis prêt à remonter sur les barricades pour les sujets cruciaux. Et la question qui nous occupe ici est vitale.»