disparition

Jour après jour, mois après mois, l’enquête pour retrouver Alessia et Livia

Retour sur la chronologie des recherches pour retrouver les jumelles enlevées par leur père à Saint-Sulpice (VD) le 30 janvier 2011. Du jour de leur disparition à aujourd’hui, après une année d’enquête

Actualisé le vendredi 31 août 2012 à 17h27.

Comment se sont déroulées l’organisation et la fuite de Matthias S., le père des jumelles Alessia et Livia, disparues le 30 janvier dernier à Saint-Sulpice? Le Temps retrace la chronologie des événements, du moment où le père s’est renseigné sur des armes à feu et a rédigé son testament, jusqu’à l’enquête sur le terrain en Corse.

Les policiers poursuivent actuellement encore leurs recherches pour retrouver les fillettes de 6 ans. Leurs traces se perdent sur l’Ile de Beauté et personne ne sait si elles sont vivantes ou décédées.

2003

Irina L. et Matthias S. se rencontrent durant un séjour organisé par leur employeur commun: le cigarettier Philip Morris.

2004

Irina L. et Matthias S. se marient.

Août 2010

Après des conflits familiaux, Irina L. préfère quitter leur domicile de Saint-Sulpice, au bord du lac Léman dans le canton de Vaud. Elle s’installe avec ses filles dans un appartement quelques centaines de mètres plus loin, au centre du village.

Jeudi 27 janvier 2011

Matthias S. consulte des sites internet relatifs aux armes à feu , via son ordinateur professionnel. Il travaille pour le cigarettier Philip Morris à Neuchâtel.

Ce même jour, sa femme lui envoie un e-mail pour lui annoncer sa décision de divorcer.

Il écrit ce jour-là un testament en faveur de ses deux filles, Alessia et Livia, des jumelles de 6 ans. Si elles mouraient, ses biens reviendraient à son frère et à sa sœur. Le texte ne contient pas d’élément inquiétant pour l’intégrité des fillettes, selon ce que la police annoncera plus tard.

Le texte est écrit à la main et en allemand. L’hebdomadaire L’Illustré en a publié une traduction complète le 2 mars 2011.

«Je, soussigné Matthias S[...], né le 30.07.1967, domicilié chemin de Champagne 14 à Saint-Sulpice, décide après ma mort les choses suivantes (ce n’est plus qu’une question de temps):

1. C’est le premier testament, il n’y en a a pas d’autre.

2. Ma femme Irina Lucidi reçoit seulement la part légale.

3. Mes enfants Alessia et Livia devraient recevoir l’héritage en deux parts égales.

4. Au cas où mes enfants Alessia et Livia ne devaient plus être en vie, ce sont mon frère Daniel et ma soeur Maya qui sont les héritiers principaux à parts égales.

Saint-Sulpice, le 27 janvier 2011.

Vendredi 28 janvier

Matthias S. consulte sur Internet des informations sur des méthodes de suicide et d’ empoisonnement , et se renseigne sur les horaires des ferries entre Marseille et la Corse.

Il va chercher en fin d’après-midi ses deux filles à leur cours de danse, avant un week-end durant lequel il les garde, comme convenu avec son épouse Irina L.

Dimanche 30 janvier

A 13h , Matthias S. récupère ses filles qui jouent chez des voisins à Saint-Sulpice (VD). Il quitte ensuite son domicile avec elles en voiture, une Audi A6 break de couleur noire.

A 15h30, tous trois se trouvent à bord de la voiture du père à Préverenges (VD).

A 15h51 , son téléphone portable est localisé dans la région de Morges. Il annonce par SMS à son épouse qu’il ramènera ses filles le lendemain matin à l’école, au lieu de les raccompagner à son domicile comme prévu.

Entre 16h et 17h, tous trois sont aperçus dans le canton de Genève.

A 18h04 , son téléphone est localisé par une antenne de la Croix-de-Rozon, un hameau de la commune frontalière de Bardonnex dans le canton de Genève. C’est à ce moment qu’il passe la frontière franco-suisse.

Vers 18h20 , il est dans la région d’Annecy.

A 19h37 , le téléphone portable de Matthias S. est localisé dans la région de Lyon .

A 20h55, il passe le péage de Montélimar Nord. Une image vidéo le prouve, mais ne montre pas les fillettes. Il passe la nuit dans un hôtel de la région, mais la police ne sait pas encore dans quel établissement.

Les policiers retrouvent alors le testament de Matthias S. à son domicile, dans un tiroir de son bureau. Ils ne s’inquiètent pas à la lecture de ce texte.

Il est probable qu’il ait mangé et ait passé la nuit dans la région de Montélimar, dans le département français de la Drôme.

Lundi 31 janvier

A 3h du matin , la police apprend que Matthias S. a passé la frontière franco-genevoise en soirée. Elle envoie son signalement et celui de ses filles aux polices européennes grâce au système d’information Schengen (SIS).

A 8h44, Matthias S. reprend l’autoroute en passant le péage de Montélimar Nord. Une image vidéo le prouve, sans que les jumelles soient visibles.

A 9h55, il passe au péage de Lançon-de-Provence.

Entre 12h43 et 12h47, Matthias S. retire 7500 euros à un distributeur bancaire à Marseille et achète trois billets pour la Corse. Il achète ensuite trois billets dans une agence de voyage. Il envoie une carte postale à sa femme: «Je suis désespéré, je ne peux pas vivre sans toi», écrit-il.

A 16h10, il sort du parking où il avait garé sa voiture.

A 16h33, il enregistre les trois billets.

A 18h35, tous trois embarquent sur le ferry «Scandola», de la Compagnie méridionale de navigation (CMN), en direction de Propriano. Les caméras de surveillance enregistrent leur passage, mais les vidéos sont effacées automatiquement 48 heures plus tard.

Dans la nuit, une voisine de cabine entend des pleurs d’enfants et reconnaîtra plus tard l’une des deux filles dans l’espace de jeux du bateau.

Mardi 1er février

A 6h30, le père débarque à Propriano. Il prend la route en direction de Bastia, pour un trajet en voiture de 3 heures au minimum.

Selon certains témoignages, le père et ses deux filles auraient été vus en compagnie d’une femme, que Matthias S. semblait connaître. La police affirme cependant qu’il n’avait pas de liaison extraconjugale.

A 16h, il est filmé par une caméra de vidéosurveillance d’une banque à Bastia.

A 21h, il prend, seul, le bateau de Bastia en direction de Toulon, via la compagnie Corsica Ferries. Il est filmé par une caméra sur la place Saint-Nicolas.

Mercredi 2 février

A 7h, Matthias S. arrive à Toulon. Il envoie une lettre à sa femme. Il y dit son désespoir, selon la police. Il part ensuite en direction de l’Italie avec sa voiture. Il passe dans la région de Bologne.

A 9h13, il passe le péage de Nice Capilou. Des images vidéo le prouvent. Mais impossible de dire si les fillettes sont dans sa voiture.

Jeudi 3 février

Vers midi, Matthias S. mange dans une pizzeria de Vietri sul Mare, dans la région de Naples. Il s’était rendu dans la région lors de précédentes vacances avec sa femme.

Dans l’après-midi, il envoie huit enveloppes à sa femme de Cerignola, dans la région des Pouilles. Sa femme a grandi dans la région. Ces enveloppes contiennent 4400 euros en billets de 50. Dans l’une d’elles, il explique à son épouse qu’il a tué ses filles, qu’elles «reposent en paix», qu’elles «n’ont pas souffert» et qu’elle ne les reverra jamais.

Il laisse deux autres enveloppes dans une boîte aux lettres désaffectée. Elles contiennent 950 et 550 euros.

A 22h47, il se suicide en se jetant sous un train en gare de Cerignola. Son corps est retrouvé par la police vers 23h. Sa voiture se trouve à proximité, avec des traces de boue.

Vendredi 4 février

A 16h, la police cantonale vaudoise publie un avis de disparition pour Alessia et Livia destiné au grand public, six jours après leur départ de Saint-Sulpice, après avoir appris que la police italienne a retrouvé le corps de leur père. L’enquête se déroule tant en Suisse et en France, qu’en Italie.

Lundi 7 février

Plus d’une semaine après leur disparition, la police ne sait pas encore si les fillettes ont réellement quitté la Suisse. Un hélicoptère survole le Léman pour les rechercher. Dans les ports de Vidy et de Morges, quatre bateaux appartenant à l’employeur de Matthias S. sont passés au peigne fin.

La police sait que leur père a acheté des billets pour la Corse, mais n’est pas certaine qu’il a embarqué.

Valerio L, oncle des fillettes et frère de leur mère, s’exprime devant la presse internationale à Saint-Sulpice. La famille espère que les 7500 euros que Matthias S. a retirés à Marseille ont servi à payer un complice pour s’occuper des fillettes.

En Italie, la police annonce que des équipes de spéléologues recherchent les fillettes dans les ravins de la région depuis la fin de la semaine précédente. Elle a aussi retrouvé des souches de timbres dans la voiture du père des fillettes, ce qui signifie que d’autres lettres ou cartes postales peuvent arriver dans les jours qui viennent.

Une voyante italienne alerte les médias et la police pour leur indiquer avoir eu une vision des fillettes décédées au bas d’une falaise.

Mardi 8 février

Irina L. reçoit à son domicile les huit enveloppes envoyées par Matthias S. de Cerignola. La police communique l’information, mais préfère garder secrète la lettre macabre qui accompagne l’argent. Sa raison: ne pas dissuader certains témoins de s’adresser à elle. L’hypothèse que Matthias S. ait payé un complice pour s’occuper de ses filles tombe à l’eau.

La police fouille également l’ordinateur professionnel de Matthias S. et y découvre, sans encore l’annoncer publiquement, qu’il a consulté des sites internet relatifs aux armes à feu, au suicide, aux méthodes d’empoisonnement et aux horaires des ferries pour la Corse.

En recoupant plusieurs témoignages, la police est désormais certaine que Matthias S. a pris le bateau pour la Corse. Le profil psychologique qu’elle ébauche publiquement est celui d’un «homme introverti, avec peu de vie sociale».

Valerio L, l’oncle des fillettes, annonce devant la presse internationale à Saint-Sulpice que la famille ne s’exprimera plus en public sur cette disparition.

Mercredi 9 février

La police prend connaissance des deux lettres laissées par Matthias S. dans une boîte postale désaffectée de Cerignola. Quatre chiens de la police bernoise arpentent la maison de Matthias S. et la région.

La police estime certain que les fillettes ont embarqué pour la Corse. Ont-elles débarqué à Propriano avec leur père? Rien n’est sûr à ce stade de l’enquête.

Leur mère rencontre furtivement la presse internationale à Saint-Sulpice et lance un appel à témoins. Le soir même, elle participe sur la RAI à l’émission «Chi l’ha visto», similaire à l’ancien «Perdu de vue» en France.

Jeudi 10 février

L’avis de décès de Matthias S. paraît dans la presse. Il est signé de sa famille, mais pas de sa femme, ni de sa belle-famille. Face à la pression médiatique, Irina L. décide de quitter son domicile de Saint-Sulpice pour un lieu secret.

La police révèle que le père des deux fillettes a consulté des sites internet relatifs aux armes à feu, au suicide, aux méthodes d’empoisonnement et aux horaires des ferries pour la Corse. La police vaudoise décide d’arrêter les recherches sur le terrain à Saint-Sulpice.

En Italie, les policiers tentent de retrouver un dictaphone que Matthias S. emportait toujours avec lui. Il pourrait contenir des informations sur le lieu où le père a laissé ses filles.

Dans la nuit, la famille de Matthias S. s’exprime dans un communiqué en allemand. Elle explique le geste de son fils par «un trouble mental grave et la perte de sa personnalité normale» et souligne l’avoir toujours «connu comme un père aimant et attentionné, ainsi que comme un homme respectueux».

Vendredi 11 février

Pressée par les révélations des médias italiens, la police vaudoise confirme l’existence de la lettre où Matthias S. annonce à son épouse qu’il a tué ses filles. Les policiers estime certain que les deux fillettes ont débarqué en Corse et que leur père en est reparti seul.

La police corse demande à la mère d’Alessia et Livia de venir sur l’Ile de Beauté pour cibler des endroits où la famille avait séjourné lors d’une croisière en 2008.

Dimanche 13 février

Irina L. arrive en Corse à bord d’un jet privé affrété par son employeur. Elle lance à nouveau un appel à témoins devant la presse.

Lundi 14 février

Les recherches policières se poursuivent en Corse et en Italie, sans pour autant donner de résultat tangible. A la gare de Cerignola, les policiers italiens retrouvent les débris du navigateur GPS du véhicule de Matthias S.

Mardi 15 février

Les enquêteurs retrouvent des traces de sang au Cap Corse, sans pouvoir dire s’il s’agit de celui des fillettes.

Mercredi 16 février

L’enquête policière revient à zéro et il n’est plus certain que les fillettes ont quitté la Suisse. La police vaudoise lance un appel à témoins pour retrouver une «grosse voiture foncée» immatriculée en Suisse et qui aurait été confondue avec celle de Matthias S. par des témoins en Corse.

Ce même jour, deux témoins affirment dans l’émission italienne «Chi l’ha visto» avoir vu Matthias S. et ses deux filles à la mi-janvier dans la ville de Cantù, au nord de l’Italie, avec Katia I., une Fribourgeoise de 27 ans disparue de son domicile le 27 janvier.

Samedi 19 février

L’agence italienne ANSA rapporte que les enquêteurs ont retrouvé un stylo de la Compagnie méridionale de navigation, estampillé «La Méridionale», à proximité de l’endroit où Matthias S. s’est suicidé. C’est sur un bateau de cette compagnie que lui et ses filles avaient embarqué pour se rendre de Marseille en Corse.

Dimanche 20 février

Dans une émission de télévision italienne, Irina L. souligne plusieurs éléments troublants de la disparition de ses filles. Elle a remarqué que deux valises ont disparu du domicile de son mari et n’ont pas été retrouvées. Elle ajoute se souvenir avoir vu un jour chez Matthias S. un manteau de femme, sans en connaître la propriétaire.

Dans la même émission, Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud, explique ne pas penser que la disparition des jumelles ait un lien avec celle d’une habitante du canton de Fribourg au mois de janvier.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la patronne d’un bar d’Oristano, en Sardaigne, affirme sur Facebook avoir rencontré sur l’île italienne Matthias S. et ses filles à la fin du mois de janvier et au début de février. Ce témoignage ne concorde pas avec les dates des billets de ferry achetés par Matthias S.

Lundi 21 février

Le procureur de Foggia, en Italie, annonce que le GPS de la voiture de Matthias S. est inutilisable. Sur la RAI, il ajoute que les enquêteurs ont totalement exclu l’hypothèse selon laquelle les deux fillettes auraient pu accompagner leur père en Italie.

Vendredi 25 février

La famille de Matthias S. se réunit à Oberwil, dans le canton de Bâle-Campagne, pour les obsèques du père de famille. Le temple réformé est placé pour l’occasion sous surveillance policière. Les médias sont priés de rester à l’extérieur.

L’après-midi, la police cantonale vaudoise annonce que tout lien entre la disparition des jumelles et celle d’une Fribourgeoise de 27 ans peut être écarté. Ils n’ont jamais eu de contact téléphonique. De plus, les examens scientifiques n’ont décelé aucune trace d’une «substance toxique ou létale» dans la maison familiale de Saint-Sulpice. Enfin la police annonce qu’Alessia et Livia ont été vues avec leur père, dans sa voiture, le dimanche de leur disparition à 15h30 à Préverenges (VD).

Samedi 26 février

Procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest confie dans les colonnes du quotidien 24 Heures sa conviction personnelle sur le destin des jumelles: «L’idée que j’ai depuis le début, c’est qu’il [Matthias S.] les a jetées à la mer pendant la traversée vers la Corse.»

Dimanche 27 février

La fondation tessinoise Swissmissing envoie cinq personnes dans les Grisons, à Davos et Klosters, où des touristes italiens disent avoir vu Alessia et Livia. Les recherches ne donnent rien.

Mercredi 2 mars

L’hebdomadaire L’Illustré publie la traduction complète du testament de Matthias S.

Vendredi 4 mars

La police judiciaire de Marseille annonce que Matthias S. a pu passer la nuit du 30 au 31 janvier – c’est-à-dire lors de son trajet de Saint-Sulpice à Marseille – dans la région de Montélimar, dans le département de la Drôme.

Samedi 5 mars

Les enquêteurs italiens mettent la main sur la puce électronique du GPS de la voiture de Matthias S., à proximité de l’endroit où il s’est donné la mort.

Lundi 7 mars

La police cantonale vaudoise lance un nouvel appel à témoins et annonce que deux témoins ont vu les jumelles et leur père à Genève, le jour de leur disparition entre 16h et 17h.

Dimanche 27 mars

Francesco L, le grand-père des jumelles, critique dans une lettre ouverte sur Facebook les propos du procureur vaudois Pascal Gilliéron, parus dans la presse quelques jours avant. Il écrit qu’il se réfère «notamment à vos propos sur les coûts de l’enquête qui laissent supposer que, dans vos buts, l’argent qu’il faut employer pour la recherche des disparues est bien bien important que de les retrouver».

Lundi 28 mars

Irina L, la mère des jumelles, publie elle aussi une lettre ouverte sur Facebook. Elle se dit «profondément blessée» par les propos du procureur et craint une clôture de l’enquête. Elle estime que «la police française a montré une réactivité bien plus grande que la police suisse, probablement suite à un manque d’expérience de ces derniers dans les disparitions de mineurs».

Mercredi 30 mars

Les polices suisse, française et italienne se réunissent pour le deuxième fois depuis le début de l’enquête. La rencontre a lieu à Lausanne. Aucun élément probant nouveau n’est communiqué à la presse.

Jeudi 31 mars

La police fribourgeoise annonce que la jeune femme de 27 ans disparue à Montbovon le 25 janvier a été retrouvée sans vie. Pendant un temps, la rumeur voulait que Matthias S. ait fui avec elle et lui ait confié ses filles. La cause de son décès semble accidentelle.

Mercredi 6 avril

Un témoin affirme à la police vaudoise avoir vu un homme tirer une valise à roulettes sur une plage de Morges, à proximité du Boiron, une rivière, vers 16 h le jour de la disparition des fillettes.

Du samedi 9 au lundi 11 avril

La fondation Swissmissing effectue des recherches dans la région de Genève avec des chiens pour retrouver des traces des jumelles sur 8 km2. Effectuées «encollaboration avec la police vaudoise», elles ont coûté 34’000 francs suisses, sans résultat toutefois. L’opération est financée par une partie des dons reçus par la fondation et la famille d’Alessia et Livia.

Jeudi 14 et vendredi 15 avril

La police vaudoise organise des recherches autour du Boiron, une rivière de la région de Morges. Elles ne donnent aucun élément nouveau. Onze chiens spécialisés dans la recherche de cadavres sont sur place. Au total, 140 hommes – policiers et membres de la protection civile – sont mobilisés. Les recherches s’effectuent sur une bande longue de 2.3 km. La police genevoise scrute le fond du Léman avec un sonar et un robot sous-marin. Cet endroit a été choisi car un témoin affirme y avoir vu un homme tirer une valaise vers 16 heures, le jour de la disparition des jumelles. Le témoin a contacté la police le 6 avril.

Vendredi 15 avril

A 15h30, la mère des jumelles, Irina L., se présente devant les médias réunis à Morges pour remercier la police vaudoise du travail effectué. Elle dit garder espoir. Selon elle, son mari avait l’habitude de se rendre dans cette zone.

A 16h, la police vaudoise termine ses recherches dans la zone.

Vendredi 22 avril

Les médias italiens indiquent que les analyses ADN sur le stylo retrouvé à proximité du corps de Matthias S. n’ont permis de retrouver que l’ADN du père des jumelles. Si celui des fillette avait été trouvé, cela aurait permis de savoir avec certitude qu’elles étaient à bord du ferry sur lequel leur père a embarqué pour se rendre en Corse.

Samedi 23 avril

Les médias italiens annoncent que la police a retrouvé une cassette à 20 kilomètres de l’endroit où Matthias S. s’est suicidé. Il pourrait s’agir de celle de l’enregistreur que le père des jumelles emportait souvent avec lui. Le lundi suivant, les enquêteurs jugeront peu probable qu’elle lui appartienne, mais continueront leurs analyses.

Mercredi 11 avril

L’émission italienne «Chi l’ha visto» annonce que la police a retrouvé des traces biologiques dans la voiture de Matthias S. Il s’agit de salive, mais l’analyse ne donnera rien.

Vendredi 3 juin

La famille d’Irina L. annonce sur Facebook que des recherches dans la région de Montélimar seront menées prochainement. Au total, la famille a reçu 40 384 euros de dons. 15 585 francs suisses ont été dépensés pour les recherches à Davos, Chancy, Genève et en Corse.

Vendredi 10 juin

Le procureur italien Vincenzo Russo annonce sur la chaîne de télévision Rete 4 que des traces de salive des jumelles ont été retrouvées dans le coffre de la voiture de Matthias S. Des analyses sont alors en cours pour savoir si elles contiennent des traces de poison ou de somnifère.

Mercredi 13 juillet 2011

Irina L. déclare dans l’hebdomadaire italien «Oggi» que Matthias S. était «autoritaire» et «manipulateur». Pour lui, les autres personnes étaient «des pions», explique la mère des jumelles.

Samedi 30 juillet 2011

Cela fera six mois que les fillettes ont disparu de Saint-Sulpice.

Mardi 2 août 2011

Les analyses de la salive des jumelles retrouvée dans la voiture de Matthias S. n’ont rien donné selon le quotidien 24 Heures.

Vendredi 7 octobre 2011

Irina Lucidi annonce la création d’une fondation d’aide aux familles d’enfants disparus: Missing Children Switzerland. Une ligne téléphonique d’urgence devrait être mise en place à la fin janvier 2012. Elle prévoit un fonds de soutien de 50 000 francs pour chaque cas de disparition.

Lundi 30 janvier 2012

La fondation Missing Children Switzerland ouvre sa ligne téléphonique d’urgence.

Jeudi 1er mars 2012

Treize mois après la deisparition d’Alessia et Livia, Irina Lucidi reprend le travail, annonce-t-elle dans le Corriere della Serra. Elle explique avoir fait un voyage en Asie, notamment en Inde, ces derniers mois.

Mardi 24 juillet 2012

Le Temps révèle qu’Irina Lucidi espère faire casser le testament de Matthias par la justice vaudoise. Son but est d’utiliser l’héritage du père des jumelles au profit de la fondation Missing Children Switzerland qu’elle a créée.

Actualisé le vendredi 31 août 2012 à 17h27.

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