Dimanche 25 juillet, prégénérale ouverte au public à savoir 12 000 parents, amis, collaborateurs, etc. Plus d'une heure avant le début de la représentation, la foule s'amasse devant les entrées. C'est que pour cette fois-ci, les places ne sont pas numérotées. Lucette, la soixantaine, est fière d'assister à cette séance de travail. «J'ai eu mon billet par une amie qui est la cousine d'une collaboratrice à la fête», glisse-t-elle devant un Securitas qui garde encore l'entrée. A quelques mètres de là, dans leurs habits de velours bleu nuit, les membres de la Confrérie des Vignerons devisent, eux aussi. On remarque que certains portent à l'épaule un ruban doré et d'autres le même en version argentée. Philippe Emery, vigneron à Aigle, explique: «Le doré c'est pour les conseillers, l'argent c'est pour les rières-conseillers. Les rières sont les derniers entrés à la confrérie…» Les subtilités hiérarchiques de la vénérable institution sont bientôt recouvertes par les cris agacés d'une oie qui attend d'entrer en scène.

«On est bien non?», s'exclame François Ding, vendeurs de cycles. Pendant ces temps libres, avec l'aide d'un ami, il a construit une loge sauvage sur le toit d'une maison de la Grande Place. Et effectivement, on y est très bien, la vue plongeante sur les arènes est imprenable. En 1977, François Ding avait déjà sévi. Cette année, il a dû revoir ses plans pour s'adapter à la hauteur, plus haute, des gradins. Construite sans autorisation préalable, la tour de Ding a reçu la visite de la municipalité: «On est en ordre sur le plan de la sécurité», assure le commerçant. Une amende voire des fâcheries avec la Confrérie des Vignerons pointent peut-être à l'horizon. Mais pas de quoi gâcher le plaisir du constructeur et de la poignée de personnes qui pourra suivre chaque représentation depuis le toit. Les «happy few» – amis, amis d'amis – montreront patte blanche à l'entrée de l'immeuble. Il est 19 h. La prégénérale commence avec trois spectateurs non prévus.