dépêches

Les journalistes de l’ATS sont en grève

Touchée par une forte réduction d’effectifs, l’agence de presse helvétique débraie cet après-midi

A 14h02, l’Agence télégraphique suisse (ATS), qui fournit des dépêches d’actualité aux médias helvétiques, a publié un bref texte qui, pour une fois, parlait de lui-même.

«Chers clients, l’Agence télégraphique suisse (ATS) connaît ce mardi après-midi un mouvement de grève, en lien avec les mesures de restructuration qui touchent l’agence de presse. En conséquence, le service proposé sera minimum par rapport au courant normal.

La grève affecte la diffusion de dépêches de toutes les rubriques. Vous recevrez une information dès que le mouvement sera levé.

Bien à vous.»

40 postes à la trappe

Le 8 janvier, la direction de l’ATS a annoncé la suppression de 40 postes sur un total de 180. Fusionnée avec l’agence photo Keystone, l’ATS a vu la moitié de son capital reprise par son homologue autrichienne ATA. La direction a indiqué que l’entreprise «subit de plein fouet la situation très difficile dans le monde de la presse» et prévoit, pour 2018, un recul du chiffre d’affaires de 3,1 millions de francs à 29,5 millions et une perte opérationnelle de 1,9 million.

A ce sujet: Pourquoi l’ATS traverse une crise

Des négociations tendues

Les négociations avec les représentants du personnel sont difficiles, ce qui motive le mouvement de grève de ce mardi.

Les mesures d’économies envisagées passent notamment par la suppression de la rubrique économique (partiellement remplacée par l’agence spécialisée AWP) et le regroupement des rubriques suisse et internationale. L’entreprise entend en outre se désabonner de sa consœur Reuters au 1er mai et supprimer la quasi-intégralité du budget des correspondants à compter du 1er septembre.

Ce mardi, le parti de gauche SolidaritéS dit son soutien aux journalistes de l’agence. Il déplore le fait que «la restructuration de l’ATS est en réalité la première étape de la création d’une nouvelle société qui devra générer des dividendes pour ses actionnaires alors que l’ATS n’en avait jamais versé».

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