16h40. Epilogue

Dix êtres vous manquent, et tout est dépeuplé. Les enfants sont partis. La journée n’était pas moins fatigante qu’une autre, au contraire! L’avenir de la profession, si vous voulez mon avis, semble assuré. Même si une des jeunes filles m’a avoué qu’elle préférerait sans doute devenir dresseuse de dauphins. Bon. Pour nous, ce n’est pas terminé. Toute la page 2 du «Temps» de vendredi est consacrée à cette expérience décidément plus stimulante chaque année. Il faut dire qu’on a aussi beaucoup appris des jeunes. On sait ce qu’il ne faut plus faire si on veut éviter de les ennuyer. A l’année prochaine, les mômes!

16h15. Le mur de Cornavin

On a «fait le mur». C’était la dernière phase de travail à laquelle nos enfants étaient conviés. Faire le mur??? Encore du jargon. Incorrigibles, ces journaleux. En fait, il s’agissait, comme chaque jour, d’afficher les prémaquettes du «Temps» du lendemain. Au terme de cette journée, Clémence, qui – on ne le cachera pas plus longtemps – est la fille de Marco Danesi, a trouvé que c’était «bien organisé», qu’on était sympas (merci pour nous). Le plus intéressant, selon elle, c’était le reportage avec caméra dans la gare. Un chef de gare s’est montré particulièrement accueillant. Il était justement en train de changer de métier pour devenir pilote de locomotive.

16h. Génération numérique

On passe aux ateliers. Technologiques à mort. Trois postes ont été prévus: le traitement des photos, la mise en page et le site internet letemps.ch. Au poste photos, Héloïse Ciana a très bien vécu l’expérience. Elle a pu constater que certains enfants avaient même déjà des connaissances en PhotoShop! «On peut effacer des images», par exemple, ou les «manipuler». Ça, c’est plutôt fascinant! Génération numérique, on dit. Chez Gilles Charvier, à la mise en page textes, les mômes ont les yeux rivés sur l’écran. Jesse et Sonlam ont pu voir comment «finaliser» une page, lorsqu’on commence à voir que «tout est en place». Je tape sur mon clavier à la même vitesse que sa maman, me dit-il. Un peu plus loin, Catherine Frammery, cheffe du web, est aussi une vraie pédagogue. Elle a su choisir les bonnes images sur le site du «Temps», des infographies comme celle montrant la technologie du bateau Alinghi ou celle de l’accélérateur de particules du CERN.

15h15. Des machines et des hommes

On en sait maintenant un peu plus sur ce qui s’est passé dans la gare ce matin. Les enfants sont allés poser la question suivante aux passants: «Quel métier choisiriez-vous si vous pouviez en changer?» Les «victimes» se sont prêtées au jeu de bon cœur. Exemple de réponse: un pilote de locomotive rêverait de se consacrer aux enfants en difficulté. Conclusion des journalistes en herbe: «Il voudrait s’occuper des hommes après s’être occupé des machines.» A voir sur le temps.ch en vidéo plus tard dans l’après-midi.

14h45. Des mygales aux archives

Les enfants sont sortis de la fameuse caverne. Joey a trouvé ça «bien», et ça sentait bon le vieux papier, ces archives! Elie, lui, dit plutôt: «cool!» Surtout de regarder les journaux sortis le jour de leur naissance. Marie s’est spécialement intéressée à un article du «Temps» sur un jeune amateur de mygales le jour où Elie est né, le 9 octobre 1999. Julien, lui, a trouvé un article intéressant sur la réintroduction des notes à l’école vaudoise. Même quand ils n’y sont pas, ils y sont quand même, à l’école!

14h. Au boulot

Fini de manger. Mais la journée, elle, continue. Au programme cet après-midi: rédaction de l’article réalisé par les «grands» ce matin dans la gare. En fait, c’est bien Marco Danesi qui va l’écrire, cet article, mais il est censé rester tout à fait fidèle à ce qu’ont dit les enfants et aux petites interviews qu’ils ont récoltées. On en verra quelques images, fixes et animées, un peu plus tard dans la journée. Pour les «petits», plongée dans la caverne d’Ali-Baba, là où reposent toutes les éditions du «Journal de Genève», paru dès le 6 janvier 1826; toutes celles de la «Gazette de Lausanne», dont le premier numéro est daté du 1er février 1798; et, enfin, toutes celles du «Nouveau Quotidien», paru de 1991 au 28 février 1998. En tout: près de 4 millions d’articles de presse!

13h15. Ça rigole et ça sourit

Marco Danesi a eu des problèmes avec ses caméras dans la gare. Interdit de filmer Cornavin, ont dit les Securitas! Manque de pot, car les «grands» se sont emparés de la technologie avec une rapidité déconcertante. On verra donc bien, un peu plus tard, ce qu’ils ont réussi à faire… Pendant ce temps, ils en sont au dessert, les mômes. Une belle équipe, déjà très soudée et bien rigolarde. Tout le monde participe avec un joyeux entrain. Dans la rédaction, les sourires s’enchaînent à chaque passage des petits cortèges. Ça met de l’ambiance, mine de rien. Même que le chef culture, Alexandre Demidoff, en a presque les larmes aux yeux. Il fond sous le charme des visiteurs.

12h00. Démarrage en fanfare! Ça y est, ils sont là. Une dizaine d’enfants, accueillis aujourd’hui par Le Temps, à l’occasion de la journée «Futur en tous genres». Après un petit-déjeuner croissants-jus de fruits, on leur a un peu expliqué ce qu’est un journal et comment ça fonctionne. Puis ils ont assisté à la conférence de rédaction du jour, présidée par François Modoux, rédacteur en chef adjoint. Toutes les rubriques avaient un représentant pour expliquer les sujets prévus dans le journal de vendredi. Un peu fastidieuse, sans doute, cette séance, pour ces jeunes! Surtout le débat concernant l’UDC à l’Université de Lausanne. Une horreur. «Rien compris!» qu’ils ont dit en chœur. En revanche, Vincent connaissait sur le bout du doigt les enjeux de la fin du championnat du monde de Formule 1, ce week- end à Abu Dhabi. Même que Simon Meier, notre chef sports, en est resté baba: ce jeune homme savait tout sur les quatre pilotes encore susceptibles d’être sacrés et les conditions dans lesquelles la couronne est possible. Impressionnant. On avait bien sûr demandé aux journalistes de tenir compte de leur public du jour. Ils ont été exemplaires. Brillants pédagogues. Ils ont tout expliqué avec des mots simples, directs, sans trop jargonner, et en souriant, voire en interpellant les mômes. Un peu avant la mi-journée, ils travaillent dur. Deux groupes ont été composés, les 10-11 ans et les 12-14, en gros. Les plus grands sont partis avec le journaliste Marco Danesi, une camerawoman et un photographe pour réaliser un reportage dans la gare Cornavin. Ça va être plutôt rigolo. Il y aura un petit film et des photos dès que possible. Moi j’ai pris les plus petits. Ils ont 14 journaux de type très différents, on les feuillette dans tous les sens pour préparer une revue de presse de derrière les fagots pour le journal de vendredi. Midi, l’heure du repas approche. Les estomacs se réveillent…