Pas de journée nationale des filles en Valais cette année. Organisée par la Conférence Suisse des déléguées à l'égalité et relayée dans les cantons par les bureaux du même nom, cette manifestation a pour but de sensibiliser les filles à la formation professionnelle. C'est ainsi que durant une journée ces demoiselles «accompagnent leur père, leur mère ou une autre personne proche au travail et apprennent ainsi à connaître divers métiers et manières susceptibles de concilier vie professionnelle et vie privée». Une façon d'enrayer les statistiques qui veulent que «deux fois plus de filles que de garçons n'effectuent aucune formation après l'école obligatoire».

Mais voilà: l'école valaisanne est une machine si bien rodée qu'elle ne supporte plus le moindre grain de sable. Comme l'a expliqué hier sur les ondes de Rhône FM le chef du Département de l'éducation Claude Roch: «Le problème de cette mouture, c'est qu'elle ne concerne que les filles, et pendant cette journée le système scolaire ne sait pas trop quoi faire des garçons. Nous étions pour une solution mixte, une journée de promotion de la formation qui intègre aussi les garçons. Et puis nous ne voulions isoler personne: que deviennent lors de cette journée les filles qui n'ont pas de parents ou celles dont les parents sont chômeurs?»

La proposition valaisanne de mixité, ainsi qu'un changement de jour – le mercredi au lieu du jeudi – n'ayant pas été retenue, le département a préféré renoncer. Avec cependant la promesse de mettre sur pied l'an prochain une mouture cantonale mieux adaptée au terrain et mixte.

Responsable du Bureau valaisan de l'égalité, Isabelle Darbellay «regrette» le renoncement de son canton, mais sans en faire un casus belli: «Notre principe a toujours été de ne pas monter de projets qui ne soient pas largement partagés: nous ne voulons pas aller contre les enseignants, nous avons besoin d'eux.»

Notons enfin que la cantonalisation de la journée des filles n'est pas une opération financièrement neutre, puisque cette manifestation était jusqu'ici largement subventionnée par la Confédération. Ce qui ne sera évidemment plus le cas.