Le déchaînement médiatique, et son lot d'inexactitudes, accompagnant «l'affaire Stern» ont poussé le juge Michel-Alexandre Graber à sortir de son mutisme pour préciser ou corriger certains faits. Dans un communiqué de presse diffusé dimanche, le magistrat indique que la maîtresse du banquier n'était pas fichée à la brigade des mœurs de Genève comme faisant partie du monde de la nuit. Il ajoute qu'un carnet d'adresses – dont la presse française fait grand cas depuis quelques jours – a bien été saisi mais qu'il n'implique aucune personnalité en vue.

Compte bloqué

Comme le révélait Le Temps de samedi, le litige financier opposant Edouard Stern à sa maîtresse porte bien sur le blocage d'un compte. La somme versée se monte toutefois à un million de dollars et non de francs suisses. Rappelons que la victime voulait récupérer cet argent et avait d'abord lancé une action via l'Office des poursuites du canton de Vaud avant d'introduire une demande de séquestre à Genève, lieu où se trouve l'argent. Cécile B. refusait de le rendre en assurant qu'il s'agissait d'un cadeau visant à lui assurer son indépendance financière et non d'un versement destiné à l'achat de tableaux, avaient expliqué ses défenseurs.

Le juge confirme par ailleurs que la jeune femme s'est bien rendue en Australie juste après le meurtre, soit le 1er mars dernier. Une commission rogatoire a pu établir qu'elle avait voyagé seule. Une autre demande a été adressée à la France aux fins de récupérer le colis envoyé par Cécile B. à sa tante depuis l'Australie. Un colis susceptible de contenir les habits qu'elle portait au moment de l'homicide. Enfin, l'oncle et la cousine de l'inculpée, à la demande de cette dernière, ont été entendus ce samedi par la brigade criminelle de Genève.

Le magistrat a également tenu à mettre fin aux rumeurs et aux multiples hypothèses émises pour expliquer le secret qui entoure encore son instruction: «Les zones d'ombre qui doivent être explorées ne concernent pas l'homicide lui-même, mais plutôt la nature des mobiles qui ont amené l'inculpée à commettre son acte, de même que le déroulement des faits, dans les heures qui ont suivi.» La mesure de supersuspension – qui empêche les parties d'accéder au dossier – sera levée au plus tard à la fin du mois.

Incarcérée à la prison de Champ-Dollon depuis bientôt une semaine, Cécile B. comparaîtra mardi prochain devant la Chambre d'accusation pour l'examen de la prolongation de sa détention. L'audience devrait se tenir à huis clos. Le choix de la discrétion incombant cette fois à la défense. Rappelons que Mes Bruno de Preux et Pascal Maurer se sont entretenus vendredi avec la prévenue. Une femme détruite, disaient-ils samedi dans nos colonnes, qui a tué l'homme qu'elle aimait car il la faisait trop souffrir.