Controversé, le juge d'instruction du Valais central Yves Cottagnoud ne mènera plus les investigations liées à deux affaires aussi sensibles que médiatisées dont il avait la charge. Entré en fonction au début de l'année, le juge Cottagnoud, 33 ans, s'était vu confier le dossier du petit Luca Mongelli de Veysonnaz, agressé le 7 février dernier, puis une seconde enquête liée à des actes supposés de pédophilie en juin dernier à Uvrier, près de Sion. Dans les deux cas, ces dossiers ont suscité une publicité et une polémique importante mettant en cause la qualité de son instruction.

Poussé à bout, le juge a finalement demandé à être dessaisi le 22 octobre dernier, relevant que «l'aspect affectif d'affaires concernant des agressions éventuelles contre des enfants fait oublier que la justice, pour être équitable, doit s'appuyer uniquement sur des faits avérés. La lenteur dont on nous accuse résulte de la vérification scrupuleuse de tous les éléments en notre possession et du temps pris pour les très nombreuses expertises nécessaires». Dans un communiqué laconique diffusé lundi après-midi, l'Office du juge cantonal, dirigé par Jo Pitteloud, annonçait qu'il avait accédé à ces requêtes. La première enquête, celle de Veysonnaz, est dorénavant confiée, selon nos informations, au juge d'instruction Nicolas Dubuis, et la seconde à l'Office d'instruction du Valais central.

Jusqu'ici l'instruction de ces deux dossiers n'a pas permis de confondre un ou des coupables. Mais ces deux enquêtes ont fait l'objet d'une âpre lutte entre les défenseurs des parties et la justice. Le dessaisissement du juge Cottagnoud devrait provoquer un apaisement dans ces affaires. Me Sébastien Fanti, défenseur de la famille Mongelli, va dans ce sens et se montrait lundi

très satisfait de la tournure des événements dans le cas de Veysonnaz: «J'ai un grand respect pour le juge Nicolas Dubuis. Mes mandants sont très satisfaits de cette nouvelle situation. Je ne pense pas toutefois qu'il s'agit d'une question de personne, mais plutôt d'expérience».

Quant à la deuxième affaire, celle d'Uvrier, le dessaisissement du juge n'est en fait pas encore formellement en force. La décision envoyée aux parties mentionne qu'il revient dorénavant au doyen de l'office régional de Sion, Jean-Nicolas Délez, de se déterminer, soit de choisir un nouveau juge. La commission de justice du Grand Conseil devrait également se prononcer aujourd'hui sur les circonstances qui ont entouré ces deux dossiers. Des notions centrales quant à l'exercice de la justice ont été mises en cause, notamment le secret de l'instruction, la présomption d'innocence et la publicité faite autour de ces affaires.