Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le Palais de Justice de Montbenon, du Tribunal correctionnel vaudois, en décembre 2015 à Lausanne.
© LAURENT GILLIERON

Vaud

Le jugement nuancé qui condamne un journaliste pour ses excès amoureux

Le Tribunal correctionnel de Lausanne écarte les coups et les abus sexuels. Une peine de 18 mois avec sursis partiel est prononcée contre le jeune homme pour menaces, injures, dommages à la propriété et contrainte

L’histoire du journaliste et de l’avocate a donné lieu à un jugement très nuancé. Le Tribunal correctionnel de Lausanne écarte le viol, la contrainte sexuelle et les coups. Il retient que cette relation a été marquée par beaucoup de malentendus, un climat de violence psychologique, un chantage affectif, deux objets brisés, des injures et des menaces. Pour s’être laissé aller à ces excès, le jeune homme est condamné à une peine privative de liberté de 18 mois, dont 6 ferme. Son avocat, Me Thomas Barth, annonce son intention de faire appel.

Incompréhension entretenue

Aux prises avec des versions inconciliables, la cour, présidée par Marie-Pierre Bernel, a livré une lecture qui n’est ni celle de l’accusation, ni celle des parties. Selon le verdict, la plaignante n’a pas été comme emprisonnée dès le début de cette relation, ni contrainte à déménager. Son désir de se concentrer sur ses examens pour le brevet lui a fait supporter beaucoup de choses sans réagir et sans discuter des problèmes avec son compagnon. Cela explique aussi, ajoute le tribunal, l’incompréhension du journaliste qui ne voyait pas venir la rupture.

Au fil des mois, le mal-être du jeune homme s’est fait de plus en plus pesant et elle s’est épuisée. Si les juges se disent convaincus de l’existence de pressions psychologiques, ils estiment qu’un doute subsiste quant aux violences physiques et surtout sexuelles. La jeune femme n’avait plus envie de cette relation mais il n’est pas certain qu’elle ait exprimé son refus, ni qu’il l’ait perçu.

Frayeur justifiée

Acquitté des infractions les plus graves, le journaliste est reconnu coupable de dommages à la propriété pour avoir brisé un téléphone portable et abîmé la tête de lit. Il est également coupable de contrainte pour avoir une fois empêché son amie de sortir et l’avoir aussi effrayée au point qu’elle ne veuille plus rentrer chez elle.

L’épisode du 30 janvier 2013, celui où il a exhibé un couteau lors d’une dispute, ne trouve aucune excuse aux yeux des juges. Le fait d’avoir pris cette arme dans un état de colère et de désespoir avait de quoi sérieusement effrayer la victime. Il n’était pas nécessaire qu’il la pointe sur elle. La menace, aggravée en raison de l’objet, est établie. Même s’il ne voulait faire du mal qu’à lui-même, un carnage général était envisageable dans pareille situation.

Trouble de l’adaptation

Le jugement adhère enfin à l’expertise psychiatrique concluant à une responsabilité très légèrement restreinte. Le journaliste, qui souffre d’un sentiment d’abandon résultant d’une relation très conflictuelle avec ses parents, présente un risque de récidive si le contexte sentimental est très fort. Le tribunal l’encourage à poursuivre sa thérapie. La partie ferme de sa peine pourra être exécutée en semi-détention si l’intéressé peut justifier d’un travail, précise encore la cour. Pas sûr, il vient d’être licencié pour motif économique.

La suite est de toute manière suspendue à la décision du Tribunal cantonal. «Mon client est soulagé d'avoir été libéré des accusations les plus graves. Un appel sera néanmoins déposé en vue d'obtenir l'acquittement qui s'impose», réagit Me Barth. 

Lire aussi: A Lausanne, le procès tendu qui oppose un journaliste à une avocate

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a