Unanime, le parlement jurassien juge inacceptable le report à 2014, voire 2017, de l'échéance pour terminer la Transjurane sur territoire bernois, entre Court et Tavannes. Il a adopté une motion qui demande au gouvernement de rappeler à son homologue bernois qu'il s'était engagé, en 1997, à terminer son tronçon d'autoroute, comme le Jura, en 2008 (Le Temps du 26 février).

«Il n'est pas dans nos intentions de nous immiscer dans les affaires du canton de Berne, explique le député PDC Charles Froidevaux. Mais dans un dossier interdépendant comme celui de la Transjurane, un partenaire digne de ce nom n'a pas le droit d'imposer à l'autre son rythme de construction basé exclusivement sur sa situation financière.»

Une année après avoir cosigné, avec son homologue jurassien Pierre Kohler, un courrier adressé à la Confédération établissant 2008 comme échéance pour terminer la Transjurane de Bienne à Boncourt, la ministre bernoise Dori Schaer repoussait le délai à 2018, énonçant l'état précaire des finances bernoises. Elle l'a ensuite ramené à 2014, avant que le projet de nouveau plan directeur bernois, dévoilé le 20 février dernier, affiche 2017. «Nous exigeons que Berne renonce à piétiner les intérêts de l'Etat jurassien et du Jura bernois», clame le député socialiste Pierre-André Comte. «Pour le développement de notre canton, nous avons besoin d'être reliés au réseau des routes nationales», précise Charles Froidevaux, rappelant que le Jura doit attendre que Berne termine la Transjurane pour y accéder.

«Les relations de bon voisinage établies entre Berne et Delémont ne sauraient nuire aux intérêts supérieurs de la communauté jurassienne», avertit Christian Vaquin, l'observateur de Moutier au parlement jurassien. Soutenant la démarche parlementaire, le ministre Pierre Kohler apporte une précision, citant sa collègue Dori Schaer: «2017 constitue une erreur, m'a-t-elle dit. Berne s'en tient à 2012-2014.» «C'est encore trop loin», assène le député radical Alain Schweingruber. «Berne tient un double langage, trahit ses engagements, planifie la fin des travaux pour 2018 et évoque 2014 pour calmer le jeu», dénonce Christian Vaquin.

Evitant de ressortir les formules guerrières du combat autonomiste, les députés jurassiens ont combiné diplomatie et fermeté pour tancer l'ennemi d'hier, «car jusqu'ici, nos soucis n'ont pas particulièrement ému le gouvernement bernois», déplore Charles Froidevaux. Le report des délais inquiète Pierre Kohler, «car l'initiative Avanti risque d'inciter la Confédération à investir ailleurs». Pierre-André Comte compte sur la Berne fédérale «pour qu'elle assume ses responsabilités face à l'égoïsme cantonal bernois».