Réjouis. La ministre jurassienne de l'Education, Elisabeth Baume-Schneider, et celui des Ressources humaines, Philippe Receveur, peuvent sourire. Le plan gouvernemental d'économie est accepté par les syndicats de la fonction publique et des enseignants, qui formulent même des propositions aux effets financiers plus importants.

Le Conseil d'Etat fait siennes les recettes syndicales. Première mesure: la semaine de travail passera de 42 à 40 heures. Etat et fonctionnaires «en supporteront mutuellement les effets salariaux», explique Philippe Receveur. Les agents publics seront rémunérés comme s'ils travaillaient 41 heures, devant supporter une diminution de traitement de 2,38%.

Le gouvernement prévoyait l'entrée en vigueur en 2010, les syndicats proposent le 1er janvier 2009. «Avec l'ampleur du renchérissement à compenser, le salaire effectif ne sera pas entamé», relève Philippe Receveur. Economie: au moins 1,5 million. La contrepartie syndicale tient en une promesse du gouvernement: pas question de faire autant avec moins! Un groupe de suivi vérifiera que le rythme de travail n'augmente pas. «Nous passerons d'une administration de grande qualité à une administration de qualité toujours suffisante», pour Philippe Receveur.

Dans son assortiment de 51 mesures devant soulager la trésorerie de 20 millions par an, le gouvernement visait aussi le corps enseignant. Il exigeait la réduction de deux à une heure hebdomadaire de l'allégement du pensum des profs de plus de 50 ans. Le syndicat des enseignants repousse la mesure au profit d'un «triptyque» alternatif, selon l'expression d'Elisabeth Baume-Schneider, soulageant les finances de 1,34 million: 190000 francs de plus que le projet étatique.

Les enseignants à temps partiel de plus de 50 ans devront accepter un nouveau mode de calcul de leur revenu, les profs du secondaire II renoncer à une iconoclaste double annuité après quinze ans de métier et tous les enseignants composer avec une diminution de salaire de 0,75%. Là encore, grâce à la compensation du renchérissement, pas de réduction du montant du salaire touché en 2009. Le parlement doit entériner ce programme.

«Nous avons su construire une confiance mutuelle», se gargarise Philippe Receveur. «Le fait que le programme en 51 mesures exige des efforts de tout le monde n'est pas étranger au résultat obtenu ici», renchérit Elisabeth Baume-Schneider.

Le gouvernement voit sa méthode couronnée de succès. Il fixe des objectifs, convainc de leur pertinence, négocie avec des partenaires qu'il respecte leur mise en application et équilibre les sacrifices. Il a encore su gagner la confiance du syndicat des enseignants en revalorisant le salaire des maîtresses enfantines.

Du côté syndical, on a admis qu'il faut faire un geste. Surtout que l'effort consenti aujourd'hui pourra être «valorisé» lors de débats à venir, sur la question de l'éligibilité des enseignants au parlement ou lors de la réforme générale des traitements versés. «Nous n'avons pas fait de promesse cachée», assure Philippe Receveur. Mais il sait qu'il ne pourra pas ne pas entrer en matière sur la revendication syndicale en faveur d'une revalorisation générale des salaires.