Budget 2017

Le Jura maîtrise ses charges financières

Sans bénéficier encore pleinement des mesures d'économies Optima, le canton contient son déficit à 5,5 millions. Il a les moyens de financer ses grands projets

Alors que son voisin neuchâtelois souffre d’une baisse drastique des rentrées fiscales des entreprises et de la diminution de l’apport fédéral de la péréquation, le Jura qui doit faire face aux mêmes phénomènes dans des proportions moindres, s’en tire plutôt bien. Après avoir bouclé les comptes 2015 avec un bénéfice appréciable de 18 millions de francs, soit 2% des revenus, le ministre des Finances et président du gouvernement jurassien Charles Juillard présente un budget 2017 certes déficitaire à hauteur de 5,5 millions, mais aux charges bien maîtrisées.

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Programme financier stable jusqu’en 2020

Mieux, malgré les perspectives économiques difficiles, le Jura se dote d’un programme financier stable jusqu’en 2020, limitant le déficit à une fourchette allant de 3 à 6 millions. Le canton tire parti du programme d’économies Optima, qui réduit de 5% les charges du canton, soit 35 millions. En 2017, Optima permet de réduire les dépenses de 25 millions. Le programme déploiera ses effets complets en 2020.

Charles Juillard peut ainsi être satisfait. Certes, précise-t-il, l’exercice budgétaire a été «difficile», mais couronné d’un certain succès. Le grand argentier a été secondé par un nouveau Conseil d’Etat à majorité PDC-PLR dont la marque de fabrique est, justement, la rigueur et l’austérité financière.

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L’environnement économique est pourtant délicat. Entre 2014 et 2017, la projection des recettes fiscales des entreprises s’est contractée de 14%, de 52 à 45 millions. Dans le même temps, l’impôt des personnes physiques rapporte 9 millions de plus et annihile les effets néfastes d’une conjoncture morose.

Le Jura doit composer avec une légère diminution de sa part à la péréquation intercantonale de 2,6 millions, aisément absorbable. Ce d’autant que les effectifs de la fonction publique sont stables à 917 EPT. Optima prévoit pourtant une diminution de 5%.

Grands projets à réaliser

La «parfaite maîtrise financière», selon une formule du gouvernement, avec un autofinancement des investissements supérieur à 80%, plafonne la dette à 344 millions. Le Jura se donne ainsi les moyens de réaliser ses grands projets, même si la contribution du canton reste minimale: le Théâtre à Delémont pour lequel le canton consacrera 7,2 millions (un tiers du coût, les promoteurs doivent trouver 8 millions dans le privé); une nouvelle patinoire pour le HC Ajoie à Porrentruy où le canton prévoit de payer un quart du prix, soit 4 millions; la construction du centre de gestion des collections paléontologiques à Porrentruy, avec une enveloppe de 7,5 millions (le musée des dinosaures attendra encore).

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Tout irait-il pour le mieux dans le Jura? Le gouvernement a décidé de reporter d’une année la diminution de 1% de la fiscalité (selon un programme de réduction de 1% par an entre 2008 et 2020) et il a dû puiser dans la réserve conjoncturelle pour boucler le budget. Si la trésorerie est maîtrisée, elle «reste déficitaire», constate, prudent, Charles Juillard.

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