Pascal Broulis n'avait pas caché sa colère, en juillet 2007, à l'annonce des chiffres de la nouvelle péréquation fédérale. Vaud devait contribuer au pot péréquatif à hauteur de 13 millions. Le grand argentier retrouve un semblant de sourire pour 2009. Vaud reste un canton à fort potentiel de ressources fiscales, atténué par les compensations sociodémographiques. Le décompte lui est favorable. Vaud encaissera 25,6 millions en 2009. Pascal Broulis réagit prudemment, préférant «attendre trois ans au minimum» pour se faire une idée claire de la situation.

Pour établir les chiffres 2009, l'administration fédérale a intégré dans sa base de calcul, en plus des chiffres des années 2003 et 2004, ceux de 2005. A l'exception de Saint-Gall, où une erreur a été corrigée, les variations sont peu importantes. Vaud passé parmi les bénéficiaires, il ne subsiste que sept cantons contributeurs, dont Genève, où la facture est allégée de près de 15 millions, à 221,2 millions.

«Bonus» réduit de moitié

Le Valais et Fribourg peuvent se réjouir. Avec 457,6 (+ 2,8%) et 392,6 (+3%), ils empocheront les deuxième et troisième plus importants montants, en valeur absolue, au niveau suisse, derrière Berne.

Neuchâtel et le Jura font les frais des calculs adaptés, bien que leurs indices de ressources n'aient pas notoirement augmenté. Neuchâtel devra composer avec 3 millions en moins en 2009.

Le Jura tablait sur la nouvelle péréquation pour se rapprocher des moyennes suisses. Il avait été douché en n'encaissant que 6 millions supplémentaires en 2008. Pour 2009, le «bonus» se réduit encore de moitié. Fâché, le ministre jurassien des Finances, Charles Juillard, «s'étonne d'apprendre que le potentiel de ressources par habitant du Jura (+3%) aurait plus progressé que la moyenne (+2,9%), alors que l'Office fédéral de la statistique admet que la situation économique jurassienne s'est péjorée entre 2004 et 2005». Le Jura s'insurge contre «une appréciation contraire à toute logique» et entend «réagir énergiquement» lors de la procédure de consultation.