L'europhilie jurassienne ne se dément pas. Par 34 voix sans opposition affichée, le parlement jurassien a adopté mercredi une résolution dans laquelle il apporte «son appui total» à l'initiative «Oui à l'Europe». «L'isolement constitue une anomalie préjudiciable à tous, à commencer par les Suisses eux-mêmes», précise le texte voté par les démocrates-chrétiens, les socialistes, Combat socialiste, les chrétiens-sociaux. Une majorité radicale s'est abstenue, comme l'unique député UDC.

Le Jura est beaucoup plus réticent face à la globalisation dont il pâtit souvent. Après avoir tancé La Poste et son plan de fermeture des petits bureaux (54 offices sur 79 sont menacés dans le canton), le parlement s'en est pris au Forum économique de Davos. Sans susciter la moindre réaction dans les rangs bourgeois, le socialiste Pierre-André Comte s'est élevé contre la globalisation.

Les Jurassiens sont surtout irrités par l'envoi à Davos de cinq policiers, dans le cadre d'une mission d'entraide requise par le canton des Grisons, pour faire face aux éventuels débordements. Dans la rue, mercredi soir à Delémont, le groupe Bélier a manifesté son agacement.

Pierre-André Comte a rappelé l'épisode douloureux de l'intervention des grenadiers bernois contre les séparatistes dans les années 70. Embarrassé, le ministre de la Police, le socialiste Claude Hêche, s'est réfugié derrière le concordat romand ratifié en 2000 par le parlement pour justifier l'envoi de policiers jurassiens.