La tension monte d’un cran dans le Jura en vue du second tour de l’élection partielle au gouvernement cantonal prévu le 1er mars. Lundi soir, le PDC a rejeté une offre de l’UDC, qui proposait le retrait de son candidat Romain Schaer à condition de pouvoir faire liste commune aux élections générales du 18 octobre. «Nous demandions la création d’une véritable liste de candidats bourgeois, comme cela a pu se faire dans d’autres cantons comme Fribourg ou Bâle-Campagne», précise le président de l’UDC jurassienne Thomas Stettler, confirmant une information de la Radio fréquence Jura (RFJ).

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Mais le PDC y a opposé une fin de non-recevoir, même si le retrait de l’UDC aurait renforcé les chances d’Anne Seydoux-Christe de sauver le second siège PDC au gouvernement jurassien, laissé vacant par le départ de Charles Juillard à Berne. Un siège aujourd’hui menacé par les appétits d’une gauche jurassienne poussée par son excellent score des dernières élections fédérales. Dimanche, la socialiste Rosalie Beuret Siess arrivait ainsi en tête du premier tour avec 9367 voix, devançant de 820 suffrages sa concurrente démocrate-chrétienne.

«La demande de faire liste commune avec l’UDC est pour nous irrecevable, répond Gauthier Corbat, secrétaire général du PDC jurassien. Les valeurs défendues par nos deux partis divergent sur beaucoup de points, comme sur la prochaine initiative demandant la suppression de la libre circulation. Nos électeurs ne l’auraient pas compris.» Sans oublier qu’il est difficilement imaginable qu’Anne Seydoux-Christe, qui s’est engagée à de nombreuses reprises contre les positions de l’UDC lors de ses trois mandats au Conseil des Etats, puisse donner son accord pour un «deal» avec le parti agrarien.

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Reste qu’au sein de l’UDC on affiche son ressentiment. «Le PDC nous méprise et c’est un affront envers les électeurs de droite, tonne Thomas Stettler. Nous ne cessons de gagner des voix, mais visiblement nous restons infréquentables.» Troisième du premier tour, sans chance d’être élu, l’UDC Romain Schaer devrait donc se maintenir au second tour, divisant les forces de droite, face à une gauche unie.

Pourtant rien n’est encore joué pour la socialiste Rosalie Beuret Siess, même si elle a réussi à créer un formidable élan autour de sa candidature au premier tour. Expérimentée, forte d’un important réseau, l’ancienne sénatrice Anne Seydoux-Christe peut refaire son retard. Seule certitude: le score promet d’être très serré le 1er mars.